Tchad: qui paie les casques bleus de la Minusma ?


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L'ONU devrait débloquer dans les prochains jours les fonds destinés à rembourser les pays contributeurs de troupes pour la Minusma, la Mission de maintien de la paix de l'ONU au Mali. Il y a une quinzaine de jours une centaine de militaires tchadiens avaient quitté leur position de Tessalit pour rejoindre Gao en signe de protestation contre le non-paiement de primes liés à la participation à cette opération, mais aussi à l'absence de relèves. Depuis, ils sont rentrés chez eux. Le président tchadien Idriss Deby avait pointé du doigt la responsabilité de l'ONU dans cette affaire, appelant la Minusma à assumer ses responsabilités. Comment et par qui ces soldats doivent-ils être payés ? Eléments de réponse.

Le département des Opérations de maintien de la paix de l'ONU est très clair. La Minusma n'est pas responsable du paiement des salaires ou des primes de ses casques bleus. Tous les trois mois, les Nations unies remboursent les Etats contributeurs de troupes selon un forfait de 1028 dollars par mois et par soldat déployé. Dans l'intervalle, il appartient donc aux Etats de veiller à ce que les casques bleus soient rémunérés chaque mois, même si techniquement cela semble compliqué lorsque les troupes sont stationnées en plein désert du Nord-Mali.

Le Tchad, qui avait quelques 1200 soldats sur le terrain ces trois derniers mois, devrait toucher près de 4 millions de dollars en ce début du mois d'octobre. Mais, toujours selon l'ONU, il revient à N'Djamena de déterminer quelle somme sera allouée à chaque soldat. Il n'y a pas de salaire minimum quand on est casque bleu, ni de prime obligatoire.

La Minusma - elle - se contente de verser un per diem, une indemnité forfaitaire, à ses soldats, une petite somme mensuelle dont la mission de l'ONU refuse de donner le montant. Dans le cas des troupes tchadiennes, l'enveloppe pour ce per diem vient à peine d'être versée tout simplement parce que le Tchad n'a rempli les papiers que le 23 septembre... soit quatre jours après les déclarations du président Idriss Deby.