Centrafrique: après les attaques à Bossangoa, la peur règne toujours en maître

Des dizaines de maisons ont été incendiées à Zéré, à 25 kilomètres de Bossangoa.
© RFI / Laurent Correau

La crise de confiance entre populations et ex-rebelles de la Seleka s’est manifestée de manière dramatique ces dernières semaines dans le nord-ouest du pays, à Bossangoa et dans sa région. Des groupes d’autodéfense, les « anti-balaka » ont attaqué des positions Seleka, entraînant des représailles sur les civils chrétiens. À Bossangoa, 37 000 personnes sont aujourd’hui réfugiées dans l’enceinte de la mission catholique. Près de 2 000 musulmans sont allés chercher refuge dans une école. Les villages de la région, eux, sont déserts. Leur population a fui en brousse. L'envoyé spécial de RFI à Bossangoa l'a constaté lors d’une patrouille avec la Fomac, la force d’Afrique centrale.

Le même silence, le même vide se retrouve dans les dix villages que l’on traverse pour aller de Bossangoa à Zéré. Des villages fantômes qui semblent laissés aux animaux. Les maisons de terre aux toits de paille ont porte et volets clos. Les habitants sont partis se réfugier en brousse et parfois certains s’aventurent à revenir, comme cet homme : « Je viens visiter le village, explique un homme, et je retourne en brousse tous les jours. Nous vivons toujours péniblement, nous sommes dépourvus d'eau potable, nous souffrons des moustiques... »

C’est la peur qui pousse ces populations à fuir leurs habitations. Une peur qui se comprend quand on voit, au fil de la route, les restes de plusieurs villages détruits. Notamment à Zéré, à 25 kilomètres de Bossangoa. Des dizaines de maisons ont été incendiées. Le poste de santé a été saccagé, seringues et cartes de vaccination jonchent le sol.

Un habitant raconte : « Les maisons ont toutes été brûlées par la Seleka. La maison qui était ici... Il y avait un homme, ils ont mis le feu sur lui. Ça fait presque trois semaines maintenant ».

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La destruction de Zéré illustre bien cependant la complexité des conflits dans cette préfecture de l’Ouham. Si des habitants déplorent l’action des membres de la Seleka contre les maisons des chrétiens, l’imam de Zéré, lui, assure que les maisons de musulmans ont été prises pour cible par des groupes d’autodéfense avec le soutien d’anciens des Forces armées et de la garde présidentielle. La peur, en tout cas, est aujourd’hui chez les civils des deux communautés.

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