Guinée: la crise de confiance entre l'opposition et la Céni s'accentue


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Les premiers résultats partiels des législatives du 28 septembre, à Conakry, sont d’ores et déjà l’objet de contestations de la part de l’opposition. Alors que la Céni donnait mercredi les résultats dans deux circonscriptions, Fria et Dubréka, en Basse Guinée, où le RPG d’Alpha Condé aurait remporté les deux sièges à l‘uninominal, l’opposition rejette ces chiffres et accuse la Céni de n’avoir pas tenu compte de ses objections.

Ce jeudi soir, à la lumière de ce qui se passe actuellement, nous pouvons véritablement parler d’un début de crise entre l’opposition et la Céni. C’est aussi un bras de fer qui s’est engagé autour de ces opérations de compilation des résultats. La Commission électorale a donné, mercredi, les résultats des circonscriptions de Fria et Dubréka, en Basse Guinée. Ces résultats donnent le RPG Arc-en-ciel vainqueur à l’uninominal mais pour l’opposition, la Céni n’a pas tenu compte des irrégularités relevées.

Selon l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré, à Dubréka, des procès verbaux de bureaux de vote suspects – car livrés sans enveloppe et sans signature des délégués de l’opposition – n’auraient pas dû être pris en compte. De plus, il manquerait, selon l’UFR, une trentaine de procès verbaux de bureaux de vote qui ont disparu dans cette circonscription. La Céni a d’ailleurs demandé, ce jeudi soir, un complément d’enquête sur cette disparition.

À Fria, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo accuse la Céni d’avoir sciemment omis 4 000 électeurs, pourtant enregistrés lors du recensement et ce, afin de faire perdre l’opposition.

L’opposition monte ainsi au créneau et, comme elle n’est pas entendue par la Céni, elle a retiré, ce jeudi soir, ses observateurs à la Commission centrale de compilation des résultats.

Ceci ne veut pas dire qu’elle retire ses commissaires qui, pour l’heure, restent en place. Mais ce jeudi, l’ambiance était extrêmement tendue à la Céni. On se rapproche de la rupture entre la Commission électorale et l’opposition.