Italie / Immigration - 
Article publié le : dimanche 06 octobre 2013 à 09:27 - Dernière modification le : dimanche 06 octobre 2013 à 11:38

Drame de Lampedusa : le ton monte autour de l’action politique

Des cercueils sont alignés à l'aéroport de Lampedusa, le 5 octobre 2013.
Des cercueils sont alignés à l'aéroport de Lampedusa, le 5 octobre 2013.
REUTERS/Antonio Parrinello

Par RFI

Une obligation juridique et morale à Lampedusa : retrouver les corps des migrants naufragés, jeudi, aux portes de l’Europe. Le travail des plongeurs a pu recommencer en raison d'une embellie météorologique, ce dimanche. Les autorités italiennes envisagent de renflouer le bateau qui gît à 40 mètres sous la mer. Trois cents morts, ce n’est encore qu’une estimation, un choc que certains voudraient salutaire. Un choc et l’espoir d’une prise de conscience.

Avec notre envoyée spéciale à Lampedusa, Juliette Gheerbrant

Le ton monte en Italie. A Lampedusa, après l’émotion, c’est le temps des questions et des solutions à trouver. Il y a d’abord une vive polémique sur les lois italiennes qui pénalisent et découragent les pêcheurs et les particuliers de porter secours aux embarcations de migrants. Il y a des questions aussi sur le dispositif Frontex, chargé de protéger les frontières extérieures de l’Union européenne. Hier, le président de la région en a dénoncé l’inefficacité en demandant où étaient les radars, et comment se faisait-il qu’on n’ait pas repéré ce bateau ? Et plus généralement, il y a des questions sur le rôle que doit jouer l’Europe toute entière, car l’Italie se sent bien seule, actuellement.

Comprendre les causes

Des migrants rescapés du naufrage du 3 octobre.
06/10/2013 - Italie / Immigration / Erythrée

Mais comme l’a aussi rappelé la présidente de la Chambre, Laura Boldrini, il faut comprendre les causes de ces drames et s’intéresser un peu plus à ce qui se passe en Somalie et en Erythrée, par exemple. Et la mobilisation à laquelle on assiste dans toute l’Italie donne de l’espoir, ici, à Lampedusa. Pour la maire de la commune, Giusi Nicolini, les choses devraient changer. Il faut que les responsables politiques affirment leur volonté d’avancer : « Ils doivent dire qu’ils veulent changer les choses et ensuite, on verra ce que l’on fait. Mais pour moi, il y a un préalable : qu’ils affichent leur volonté de changement. Ce serait insupportable de rester dans l’immobilisme. Ce serait vraiment une terrible réponse à cette tragédie ».

Corridors sanitaires

La présidente de l’Assemblée nationale italienne était là, hier, samedi 5 octobre. Le chef du gouvernement Enrico Letta est attendu lundi à Lampedusa. Aujourd’hui, c’est la ministre de l’Intégration Cécile Kyenge qui se rend sur l’île. Elle a demandé la mise en place de corridors sanitaires. D’origine africaine, c’est cette ministre que la Ligue du Nord avait comparée à « un singe ». La Ligue du Nord n’était, de son côté, pas présente à la conférence de presse organisée hier sur cette île en présence de nombreux élus de tous les partis italiens.

Questions sur les pêcheurs ?

Lorsqu'un bateau prend des migrants, il est immobilisé pour enquête.

 

06/10/2013 par Juliette Gheerbrant

tags: Immigration - Italie - Migrations Internationales
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