Niger: la fronde de l’opposition contre le président Issoufou

Hama Amadou et son parti Lumana-Fa avaient quitté la mouvance présidentielle.
© ©RFI/Delphine Michaud

Fronde de l'opposition nigérienne contre le président Mahamadou Issoufou : hier, samedi 5 octobre, une vingtaine de partis politiques ont créé l'Alliance pour la République, la démocratie et la réconciliation (ARDR) contre le chef de l'État nigérien. Tous l'accusent de vouloir instaurer une dictature personnelle.

Cette nouvelle alliance des trois principaux partis de l’opposition, en gestation depuis plusieurs mois, est la conséquence du départ de la mouvance présidentielle du parti Lumana-Fa de Hama Amadou. En annonçant que la rupture est totale et définitivement consommée, le président de l’Assemblée nationale rejoint ainsi avec armes et bagages ses deux nouveaux camarades qu’il avait abandonnés il y a deux ans et demi : Seini Oumarou du Mouvement national pour la société du développement (MNSD) et Mahamane Ousmane de la Convention démocratique et sociale (CDS).

Condamnés à se serrer les coudes

Ces trois partis politiques qui connaissent tous de sérieuses dissidences en leur sein sont, dit-on, condamnés à se serrer les coudes. Un seul objectif dans leur ligne de mire : tout faire pour cohabiter avec le président Issoufou Mahamadou et l’empêcher ainsi de terminer son mandat.

La même alliance, qui avait échoué en 2011, pourra-t-elle être crédible aujourd’hui, s’interrogent les observateurs. Pour le porte-parole de l’actuelle mouvance présidentielle, « cette coalition est un non événement et les trois principaux partis de l’opposition ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. »

Mamadou Tandja absent

Pendant que les leaders de l’opposition fêtent leurs retrouvailles, tout le monde aura remarqué l’absence de celui qui devrait être le parrain de cette nouvelle coalition, Mamadou Tandja, l’ancien président nigérien, qui a tellement été sollicité mais n’a pas fait le déplacement.

Ce qui va changer dans les prochains jours à Niamey, c' est la configuration politique à l’Assemblée nationale. Chacun des deux camps attend de voir qui va tirer la première salve de motions de censure ou de motions de défiance. En tout cas, les Nigériens seront fixés au moment du vote de la loi de finance.