Ethiopie: le drame de Lampedusa déclenche des émeutes dans des camps de réfugiés érythréens


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Les secours sont toujours actifs en mer Méditerranée, à la recherche des corps après le naufrage de jeudi dernier. Le bilan provisoire fait état, ce mardi 8 octobre, de 274 morts parmi lesquels des migrants provenant principalement de la Corne de l'Afrique. En Ethiopie, dans deux camps de réfugiés érythréens, une veillée funèbre en mémoire des victimes a mal tourné. Ces émeutes ont fait au moins un mort et six blessés parmi les réfugiés.

Tout a démarré il y a trois jours. Les réfugiés érythréens ont organisé une veillée funèbre à la mémoire des victimes du naufrage de Lampedusa. Beaucoup de migrants noyés seraient Erythréens dont certains originaires des deux camps de Maï Ani et d’Adi Arush, installés dans le nord de l'Ethiopie.

Comment et pourquoi la situation a-t-elle dégénéré ? Difficile de savoir. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) - qui ne gère pas directement les deux camps mais dispose d'un bureau situé à seulement quelques kilomètres -, un refugié aurait tenté de s'emparer de l'arme d'un policier et aurait été tué. Toujours selon le HCR, les meneurs de l'émeute seraient des jeunes qui avaient rejoint l'Egypte et en ont été expulsés.

Les Erythréens fuient la répression du régime de fer d’Issayas Afewerki. Les jeunes garçons et filles sont en grand nombre parce qu'ils refusent de faire un service militaire obligatoire à durée indéterminée.

« Ce qui pousse les réfugiés érythréens à partir, ce sont les conditions dans leur pays. C’est un des pays qui produit le plus grand nombre de réfugiés, année après année, à cause du service militaire obligatoire et qui a une durée indéterminée. Et les gens fuient parce qu’ils ne veulent pas être enrôlés de force. Et ceux qui sont partis vers Lampedusa font partie de cette vague de jeunes qui fuient le recrutement forcé dans l’armée de leur pays », à déclaré, à RFI, Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR pour l’Afrique.

Plus que des protestations contre leurs conditions de vie, ces réfugiés accusent les autorités éthiopiennes et le HCR de ne pas agir pour favoriser leur réinstallation dans les pays occidentaux. En effet, c’est l’objectif final d'une grande majorité des quelques 40 000 Erythréens installés dans ces deux camps éthiopiens.