Gabon: révolte des détenus de la prison de Libreville


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Au Gabon, vague de révolte à la prison centrale de Libreville, jeudi 10 octobre 2013. La perquisition menée la semaine dernière dans les cellules, à l’issue de laquelle des armes blanches, de la drogue et des téléphones portables ont été saisis, n’a pas suffi à ramener le calme dans la plus grande prison du pays. Les détenus en grève de la faim ont alors laissé éclater leur colère.

Le feu couvait depuis plusieurs jours à la prison de Libreville. Lundi dernier, les détenus ont arrêté de s’alimenter. Leur grève de la faim visait notamment l’administration de la prison, qui aurait corsé les conditions de détention. Estimant que les matons faisaient la sourde oreille, les détenus se sont révoltés ce jeudi matin.

Des gendarmes arrivés en renfort ont fait usage des gaz lacrymogènes. Une rumeur annonçant la mort de trois prisonniers et l’évasion de cinq autres a rapidement fait le tour de Libreville. Arrivée sur les lieux, la ministre de la justice Ida Reteno Assounouet a démenti la rumeur après un entretien avec un comité de détenus. « Il n’y a pas eu de mort, a-t-elle déclaré. Et je les ai rassurés de ce que leurs droits pourraient être améliorés, consolidés. Et je leur en ai donné des preuves. »

Le calme est vite revenu mais la situation est toujours critique. Construite dans les années 1950 pour 300 personnes, la prison centrale de Libreville est saturée. En moyenne, 1 600 personnes y sont incarcérées dans des conditions difficiles. Une nouvelle prison moderne est en cours de construction mais le chantier n’avance pas vite.