Imbroglio diplomatique autour de l'ambassadeur de Centrafrique à l'ONU


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L'ambassadeur centrafricain Charles-Armel Doubane auprès des Nations unies a été révoqué au mois de juillet dernier mais les procédures pour faire accréditer son successeur Dominique Nguéré Matchi n'ont pas été respectées. Le diplomate révoqué a donc continué à travailler pour préparer l'Assemblée générale des Nations unies et mobiliser la communauté internationale sur la crise centrafricaine. Le contentieux avec Bangui est né peu de temps après l'arrivée au pouvoir de Michel Djotodia. Charles-Armel Doubane avait refusé d'être nommé ministre des Affaires étrangères.

En juillet dernier, un premier décret, puis un second en septembre, révoquent l'ambassadeur. Mais les démarches entreprises pour faire accréditer son successeur auprès de l'ONU sont irrégulières et échouent donc. Pendant ce temps, la Centrafrique s'enfonce dans la crise. À New York, l'ambassadeur révoqué gère les affaires courantes, mais surtout prépare l'Assemblée générale des Nations unies.

Il est convenu que la délégation qui doit se rendre à New York sera conduite par le Premier minsitre Nicolas Tiangaye, mais le président Djotodia fait le forcing pour être du voyage. Mais il est trop tard pour les démarches. L'ambassadeur Charles-Armel Doubane signale également que le président risque de ne pas obtenir de visa ou d'être interdit de tribune, comme ce fut le cas en 2009 pour le président malgache.

Félicité pour son travail

La présidence centrafricaine suspecte Charles-Armel Doubane de jouer contre elle mais lors du mini-sommet international sur la RCA, c'est lui qui accompagne la délégation centrafricaine, faute de nouvel ambassadeur. Charles-Armel Doubane reçoit des louanges pour son travail de sensibilisation à la gravité de la crise dans son pays. En aparté, le ministre des Affaires étrangères du Congo Brazzaville, pays médiateur en Centrafrique, s'insurge et interpelle même le Premier ministre en lui reprochant de limoger un fonctionnaire pour bons et loyaux services.