Sécurité, économie, Front national: en Afrique du Sud, Hollande parle de tous les sujets

Le président François Hollande et son homologue sud-africain Jacob Zuma, à Pretoria, le 14 octobre 2013.
© Reuters/Siphiwe Sibeko

François Hollande est arrivé à Pretoria, ce lundi 14 octobre 2013 au matin, pour une visite d’Etat en Afrique du Sud, en compagnie de huit ministres français et d'une vingtaine de patrons. Sa visite survient près de vingt ans après celle d’un autre président socialiste, François Mitterrand. En juillet 1994, il avait été reçu par Nelson Mandela.

Avec notre envoyé spécial à Pretoria

La visite a commencé en début d’après-midi par une conférence de presse commune entre le président Hollande et son homologue sud-africain Jacob Zuma. François Hollande a fait part de son émotion, à l’occasion de sa première visite au pays de Nelson Mandela. De part et d’autre, on sent une volonté de donner un nouveau visage à la relation entre la France et l'Afrique du Sud, après les différends libyen et ivoirien.

Il existe une certaine lutte d’influence entre ces deux pays en Afrique. Sur la Centrafrique par exemple, les choses n’ont pas été au beau fixe. Mais Jacob Zuma et François Hollande ont profité de leur rencontre pour aplanir leurs désaccords et convenir de travailler ensemble dans le cadre de l’Union africaine et des Nations unies. La France, on le sait, appuiera la force régionale africaine qui va être mise en place.

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Il y a urgence

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14-10-2013 - Par RFI

« La France n’est pas là pour se substituer à l’Afrique, mais pour l’accompagner. » C’est la doctrine que François Hollande avait formulée dans son discours de Dakar l’an passé. La France ne souhaite plus être le gendarme de l’Afrique. Jacob Zuma sera d’ailleurs présent au sommet de Paris en décembre, consacré à la sécurité en Afrique et à la mise en place de forces africaines régionales prêtes à intervenir, comme ce ne fut pas le cas au Mali.

L’aspect commercial est une part importante de cette visite. Des accords ont été signés dès ce matin. Le président français a annoncé la signature d’un contrat pour la construction d’une centrale thermique de 1,5 milliards d’euros. Les deux chefs d’Etat ont également confirmé un gros contrat ferroviaire, conclu l’année dernière. Alstom va fournir 3 600 wagons de train à l’Afrique du Sud. Les usines seront en Afrique du Sud et la France formera des techniciens sud-africains.

Cet après midi une vingtaine de chefs d’entreprise français doivent rencontrer des partenaires sud-africains. Là aussi, il y a une volonté d’accentuer les investissements et les échanges entre les deux pays. Le président français a insisté sur la nécessité de mettre en place des partenariats avec des retombées pour les deux pays.

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Ce lundi, on attendait aussi de savoir si François Hollande allait commenter l’actualité politique en France. Le Front national, parti d’extrême droite, a remporté l’élection cantonale de Brignoles, dans le Var. Au même moment dimanche soir, la ministre socialiste Marie-Arlette Carlotti a été éliminée de la primaire pour les prochaines municipales à Marseille.

La question d’une double défaite pour le président français a été posée au cours de la conférence de presse. Après un sourire - François Hollande n’a jamais caché qu’il n’aimait pas s’exprimer sur des sujets de politique intérieure lors de ces déplacements à l’étranger -, le président français a déclaré que la seule réponse, c’était d’obtenir des résultats.

Aujourd’hui, « les Français sont en droit d’exiger la traduction des efforts qui leur sont demandés depuis un an ». Tel est le message du président aux Français ainsi qu’à son gouvernement. Il parle d’obligation, de résultats indispensables.

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Dimanche soir, l’avion de François Hollande a décollé juste après l’annonce des résultats de Brignoles. Les journalistes présents dans l’appareil ont tout de même senti une certaine gêne au sein de l’équipe du président et du gouvernement. François Hollande, par exemple, n’est pas venu leur parler.

Seul Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture (un proche du président) est venu relativiser le résultat de cette élection partielle. « Il ne présage pas, dit-il, d’une bérézina aux municipales. » Mais les observateurs sentent bien qu’il y a une certaine inquiétude, puisqu’un branle-bas de combat a été décrété pour que le gouvernement communique mieux sur la politique de la majorité.

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