François Hollande repart d’Afrique du Sud en ayant atteint ses objectifs


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Le président français, François Hollande, est rentré ce mercredi 16 octobre 2013 à Paris après une visite de deux jours en Afrique du Sud. Une visite qui avait pour but, d’une part, d’accentuer les échanges commerciaux entre les deux pays, et d’autre part, de discuter des différentes crises sur le continent africain. Tout en essayant de désamorcer les tensions existantes entre la France et l’Afrique du Sud. D’un côté comme de l’autre, on estime que la visite aura été positive.

D'un point de vu commercial, la France a de quoi se réjouir du déplacement du président Hollande en Afrique du Sud. Elle repart avec deux gros contrats en poche, d’une valeur de près de six milliards d’euros. L’un dans l’énergie, l’autre dans les transports.

Le premier concerne GDF-Suez pour un projet de centrale thermique en Afrique du Sud. Le second, qualifié d’historique, concerne le constructeur ferroviaire Alstom, et concerne la fourniture de plus de 3 500 wagons de train. Mais surtout, la France s’est positionnée pour les futurs gros chantiers de développement de l’Afrique du Sud : infrastructures, énergie solaire, nucléaire et transports.

Succès diplomatique

Côté diplomatique, la visite aura également été un succès. Depuis des années, les deux pays avaient des relations tendues. L’Afrique du Sud voit d’un très mauvais œil les différentes interventions militaires françaises, comme en Côte d’Ivoire, Lybie ou Mali. Pretoria y voit une forme d’ingérence néocoloniale ; l’année dernière, la France a même été soupçonnée de faire barrage aux candidats de l’Afrique du Sud au poste de président de la commission de l’Union africaine.

Le message de Fançois Hollande « Nous ne sommes pas là pour nous substituer aux Africains, mais pour les soutenir et les former », est bien passé à Pretoria. La France cherche à tout prix à désamorcer ces incompréhensions diplomatiques, Paris a besoin d’avoir un partenaire solide sur le continent pour jouer un rôle actif dans l’avenir géopolitique de l’Afrique. Et l’Afrique du Sud a semblé réceptive à cette main tendue et prête à accepter la présence de troupes françaises en République centrafricaine, puisqu’il aura beaucoup été question de cette crise.

L’Afrique du Sud a même évoqué la possibilité de travailler ensemble sur le continent. Une petite victoire pour la France. Les discussions sur les différentes crises du continent se poursuivront en décembre lors du sommet pour la paix et la sécurité, organisé par la France à Paris. L’Afrique du Sud a déjà indiqué qu’elle serait présente.

Retour aux affaires internes

Malgré une distance de plus de 8 700 kilomètres entre Paris et Johannesburg, les derniers événements politiques français ont été présents tout au long du voyage présidentiel. Pourtant, le chef de l’Etat n’aura passé que trente heures en Afrique du Sud. François Hollande n’aime pas les voyages, il ne veut pas rester trop longtemps éloigné du pays. Ce serait, croit-il, mal compris par les Français. Mais le président était-il à ce point pressé de retrouver la grisaille et les turbulences, qui l’ont d’ailleurs rattrapé lors de sa visite d’Etat ?

Toujours plus bas dans les sondages, une majorité cacophonique où sa parole est régulièrement contestée, en témoigne la dernière sortie du président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui se verrait bien Premier ministre à la place de Jean-Marc Ayrault. En dépit de l’optimisme présidentiel, les Français ne voient pas de résultats – cette fameuse obligation de résultats, décrétée par François Hollande sur le sol sud-africain – ils ne voient et n’entendent que les couacs.

A l’approche des municipales de mars 2014 qui s’annoncent pour le moins délicates, l’heure serait donc une énième fois à la pédagogie, mieux communiquer sur l’action de l’exécutif. Léger problème : la communication est bien le talon d’Achille du président et du gouvernement, depuis un an et demi.