Pirates somaliens : le secret-défense, enjeu du procès du «Tanit»


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A Rennes, suite du procès des trois pirates somaliens jugés pour avoir détourné l'équipage breton du Tanit en avril 2009. Un événement qui s'était soldée par la mort du jeune skipper Florent Lemaçon, tué par erreur par un tir français au moment de l'assaut. Mercredi 16 octobre 2013, l'ancien ministre français de la Défense, Hervé Morin est venu témoigner alors que les débats ont porté essentiellement sur le secret-défense.

Avec notre consoeur, Brigitte Hug (France Bleu Armorique)

« C’est pour vous le secret-défense ? », tout commence par une question posée à Hervé Morin par l’un des avocats des pirates somaliens. Une provocation de maître Ronan Appéré qui réclame l’ajout de pièces au dossier, des pièces détenues aujourd’hui par les militaires : « Il y a les armes, les commandos marine, les douilles qui ont été percutées, il y a les conversations téléphoniques entre les pirates et leur commanditaire qui ne sont pas au dossier. Je ne vois pas en quoi les conversations entre les pirates et leur commanditaire, de près ou de loin, ont un lien avec la défense nationale ».

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De son côté, l’ex-ministre de la Défense a affirmé qu’il avait déclassifié tous les documents secret demandés par la Justice. Reste les écoutes pendant la prise d’otages, mais ce dossier est entre les mains de son successeur, Jean-Yves Le Drian. « Si Jean-Yves Le Drian n’a pas déclassifié les documents, on ne peut pas dire que c’est pour couvrir Nicolas Sarkozy ou la majorité d’hier. Je ne mets pas en doute qu’il y avait de bonnes raisons objectives, non pas pour empêcher la vérité, mais qu’il y avait de bonnes raisons pour que ce soit ainsi », estime Hervé Morin.

Pour la famille de Florent Lemaçon, ce débat sur le secret défense est stérile. Il n’a qu’un objectif : tromper la cour. « On sait avant même le début de ce procès, tout le monde le dit, que la balle est française, explique Maître Arnaud Colon de Franciosi. En réalité, on est en train de créer un écran de fumée pour ne pas se poser la véritable question. Ces gens qui ont commis une prise d’otages sont-ils ou non responsables ? ».

C’est effectivement une balle d’un commando français qui a tué un des otages. Ce qui fait dire à Hervé Morin que l’opération sur le voilier Tanit a été un échec.

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