La mortalité des enfants recule davantage au Niger qu’ailleurs

Au Niger, un enfant pris en charge dans un centre de récupération nutritionnelle, le 25 mai 2012.
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Le Niger est le pays qui a obtenu les meilleurs résultats avec son programme de lutte contre la mortalité infantile. L’ONG Save the Children qui publie un rapport sur la question souligne que les progrès ont été « sans précédent » depuis un demi-siècle. Plusieurs pays pauvres ont ainsi amélioré leurs résultats, mais aucun n’a autant progressé que le Niger.

Dans son rapport, Save the Children se réjouit que les progrès accomplis pour une meilleure santé des enfants soient aussi remarquables. A l’aune des Objectifs du millénaire, 25 pays ont déjà touché le but qui consiste à réduire des deux tiers la mortalité infantile d’ici 2015. 

Premier objectif atteint
 
En tête de ces pays, le Niger, l'un des plus pauvres de la planète, mais qui, grâce à un système de soins gratuits pour les femmes enceintes et les enfants, et des programmes de nutrition, a réussi un difficile pari : passer de 326 décès pour 1 000 naissances chez les enfants de moins de cinq ans en 1960 à 114 pour 1 000 en 2012. Dans la liste des pays qui ont le plus avancé pour sauver la vie des enfants figurent le Liberia, le Rwanda, l’Indonésie, Madagascar, l’Inde, la Chine, l’Egypte, la Tanzanie et le Mozambique. Tous ont réduit de deux tiers la mortalité infantile. A l’inverse, Haïti, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Guinée équatoriale sont encore loin derrière.
 
Cette réduction des deux tiers de décès des enfants, montre selon Save the Children, que même dans les pays les plus pauvres, le progrès dans le secteur de la santé n’est pas une utopie. Ainsi, le taux de mortalité des enfants africains qui était de 27% dans les années 1960, est aujourd’hui de 10%. Mieux, souligne l’ONG, l’amélioration s’accélère : l’Afrique subsaharienne a réduit sa mortalité infantile, depuis 2005, cinq fois plus qu’entre 1990 et 1995.  
 
Ce sont les 75 pays les plus touchés par la mortalité maternelle et infantile qui ont été scrutés dans l’étude de Save the Children. Elle scrute, on l’a vu, les progrès, mais aussi dans quelle mesure ces avancées ont profité à toutes les régions et à toutes les classes sociales et s’ils sont durables parce que soutenus par une volonté politique. Ainsi, le rapport montre que dans des pays comme le Bangladesh et le Cambodge, les améliorations sont précaires, car inégales. Quant à l’Afrique subsaharienne, relève l’ONG, là où surviennent la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans, les inégalités entre enfants riches et pauvres se sont aggravées entre 1998 et 2008.
 
Le poids de la malnutrition        
 
Si les efforts pour combattre les causes de la mortalité infantile avaient été répartis également entre riches et pauvres, ce sont quatre millions d’enfants qui auraient pu être sauvés, estime Save the Children. Il reste beaucoup à faire, car chaque jour note l’ONG, « 18 000 enfants de moins de cinq ans meurent de causes évitables ». En tête des meilleurs, le Niger peut être satisfait du chemin parcouru, mais les efforts ne doivent pas se relâcher. Avec 114 décès pour 1 000 naissances en 2012 le chiffre reste élevé : à titre de comparaison, il était de 7 pour 1 000 en Europe en 2007. Par ailleurs, le Niger a bien d’autres défis à relever : un taux de fécondité de 7,6 enfants par femme, le plus élevé au monde, une insécurité alimentaire chronique, un manque d’assainissement…   
 
Dans ce contexte particulièrement difficile, Save the Children insiste notamment sur le rôle de la malnutrition dans le nombre de décès prématurés ; selon son étude ce facteur intervient dans 45% des cas. Pour le seul Niger, la malnutrition a justement causé la mort de plus de 2 500 enfants entre le mois de janvier et de septembre de cette année. Cela, malgré une meilleure prise en charge communautaire des maladies et la multiplication des centres de santé de proximité qui ont permis de traiter plus de 500 000 cas de malnutrition aiguë depuis le début de l’année. Selon les dernières données de l’Unicef, le Niger avait déjà enregistré en 2012 le nombre le plus élevé d’enfants malnutris de la région du Sahel. 

Ces faits prouvent pour Save the Children que la mortalité infantile n’est pas limitée à une question de système de santé. Indispensable certes, mais insuffisant si les responsables politiques, économiques et sociaux ne prennent pas leur part du fardeau.

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