RCA: questionnements après les violences de Bouar

Maisons détruites dans un village des environs de Bossangoa où des violences similaires à celles de Bouar avaient eu lieu en septembre 2013.
© Laurent Correau / RFI

En Centrafrique, un dernier bilan fait état de neuf morts après les affrontements du samedi 26 octobre, autour de la ville de Bouar : cinq tués parmi les militaires, et quatre chez les assaillants. Des tirs ont été entendus jusque tard dans la soirée autour de l'aérodrome et du camp militaire de cette ville de l'ouest du pays. Depuis, le calme est revenu mais le sentiment d'insécurité ne s'est pas dissipé et de nombreuses questions entourent encore cette attaque.

A l’ouest de la Centrafrique, les combats ont cessé, mais à l'évêché, les gens continuent à affluer. Ils étaient environ 4 000 samedi à s'y être réfugiés. Dimanche, on en comptait 1 000 de plus, rapporte un des responsables de la paroisse joint par RFI. Les rues de Bouar restent désertes, racontent des témoins. Beaucoup sont terrés chez eux, d'autres ont fui en brousse de peur d'une nouvelle attaque.

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L’offensive menée samedi est attribuée aux anti-balaka, les milices d'autodéfense, croit savoir un habitant. « Ça ne peut être qu'eux », renchérit un responsable militaire. Depuis, les violences de Bouar deviennent politiques. Le porte-parole de la présidence l'assure : « Les assaillants étaient coordonnés, organisés et lourdement armés », explique Guy Simplice Kodégué. Pour lui, pas de doute ce sont des hommes de François Bozizé.

Une affirmation que les proches du président déchu ne démentent pas. Bien au contraire, son porte-parole revendique l'attaque. Des déclarations similaires à celles faites lors des violences qui ont touché Bossangoa en septembre dernier. Après enquête, les versions des deux adversaires politiques s'étaient révélées fausses.

La crainte de nouvelles attaques

D’ailleurs, la Fomac, qui a 250 de ses hommes sur place ne confirme pas, bien au contraire. Selon un de ses hauts responsables, si d'anciens membres des Forces armées centrafricaines (Faca) figuraient parmi les assaillants, une centaine de personnes selon lui, il s'agissait essentiellement de paysans. De jeunes hommes regroupés en milice d'auto-défense après les exactions commises par la Séléka et qui chercheraient déstabiliser le pouvoir. « L'attaque de Bouar n'est sans doute pas la dernière, analyse cette source, mais les assaillants ne sont ni bien organisés, ni bien armés. Ils n'obéissent pas aux ordres de François Bozizé ».

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