Tunisie: les proches de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi dénoncent le manque de moyens de la justice

Les soldats aident des proches du défunt à porter le cercueil du leader d'opposition Chokri Belaid pendant son cortège funèbre vers le cimetière voisin d'El-Jellaz à Tunis, le 8 février 2013.
© REUTERS/Anis Mili

En Tunisie, les enquêtes sur les assassinats des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi se poursuivent. Le premier a été abattu en février 2013, le second en juillet de la même année. Leurs proches dénoncent un manque de moyens donnés à la justice pour faire la lumière sur ces meurtres qui ont plongé le pays dans une crise politique.

Depuis huit mois, les proches de Chokri Belaïd se battent pour la vérité. L'arrestation de suspects ne leur suffit pas, ce qu'ils veulent c'est remonter aux commanditaires et comprendre notamment pourquoi le ministère de l'Intérieur n'a rien fait pour éviter son assassinat puis celui de Mohamed Brahmi.

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Basma Khalfaoui, la veuve de Chokri Belaïd, se pose encore beaucoup de questions : « Pourquoi il n’y a pas eu d’interrogatoires sérieux ? Pourquoi il n’y a pas eu de recherches sérieuses sur toutes les pistes ? Pourquoi le ministère de l’Intérieur n’a pas fait son travail concernant au moins Mohamed Brahmi ? »

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A Paris, l'avocat Jean-Pierre Mignard suit le dossier. Il demande que les informations judiciaires soient réunies et qu'un collège de juges soit mis en place : « Le ministère de l’Intérieur dit que ce sont les mêmes armes qui auraient servi. Si ce sont les mêmes armes, cela doit être la même information judiciaire, les mêmes juges. C’est du bon sens. Et pour les avocats, au lieu d’avoir sept bouts de dossiers, on aura un dossier. Il y a quand même une mauvaise volonté à vouloir maintenir séparé des instructions qui devraient être unifiées. »

Les avocats de Chokri Belaïd demandent également une nouvelle reconstitution des faits et une nouvelle confrontation entre les personnes arrêtées. Un livre blanc doit être publié très prochainement pour dénoncer les manquements et les ambigüités constatés à tous les niveaux de l’enquête.

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