Assassinat des deux envoyés spéciaux de RFI: l’hommage des auditeurs et de la profession (1)

Claude Verlon et Ghislaine Dupont à Kidal au Mali, en juillet dernier.
© RFI

L'annonce de l’assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, les deux envoyés spéciaux de RFI à Kidal au Mali, a provoqué un torrent d’émotion chez les auditeurs et dans la profession. Les messages ont afflué par centaines à l’adresse rfihommage@gmail.com. En voici quelques-uns parmi les plus touchants.

Gigi,
Aujourd'hui je te pleure avec le service Afrique de RFI et probablement tous tes amis de RDC. Gigi, c'était l'été 2009, le plus beau stage que j'aie fait en grande partie grâce à toi. Le premier jour tu étais comme d'habitude très occupée et tu as pris le temps de montrer au stagiaire comment monter les sons, c'est basique mais c'est utile.
Sache aussi que tu es jusqu'à ce jour la seule personne qui ait jamais réussi à me traîner à la cantine de Radio France : c'est un exploit en soi et je me souviendrais toujours de ce repas avec toi. Je me rappelle aussi quand tu passais des heures au téléphone et que tu disais : "Kamanda, Kamanda".
Merci Gigi,
Xavier Martinet - Journaliste à France Culture

Bonjour à tous,
je suis une fidèle auditrice de RFI et ce, depuis des années. J'ai découvert bien des peuples et différentes façon de vivre et de penser grâce à la qualité de vos émissions, et par-delà, à la pertinence et à la curiosité de vous autres, les journalistes. Vous faites un travail remarquable, c'est pourquoi je tiens à me joindre à vous pour exprimer toute ma tristesse, et l'état d'impuissance face à des actes odieux que je n'ose même pas qualifier.
Paix à leur âme et toute ma compassion.
Amina Zeghari - Une auditrice en France

Ghislaine était vraiment un modèle

Emotion en RDC
03-11-2013 - Par Léa-Lisa Westerhoff

Vous avez rendu compte avec des mots graves et émus des qualités professionnelles et humaines de vos collègues. Je n'ajouterai donc rien de ce que j'ai connu et apprécié de Ghislaine si ce n'est de dire avec conviction et douleur que je partage totalement vos propos. Maintenant que le choc premier est passé, après la stupeur et la fureur, il faut que leur mort ennoblisse la mission de service public qu'ils avaient choisie. [...]
Cette exigence du direct, du partage avec tous ceux qui vivent et font les événements est la garantie d'une information fiable et responsable. Car paradoxalement, c'est la proximité du terrain qui seule peut garantir l'objectivité et la distanciation. C'est pour cela que Ghislaine n'est jamais devenue une militante de « causes » politiques ou de combats idéologiques passionnels comme tant d'autres lorsqu'ils entrent en relation fusionnelle avec un pays ou des personnalités.
Enfin, je voudrais souligner que Ghislaine et son collègue - et à travers eux RFI - assuraient une fonction irremplaçable de protection de leurs collègues nationaux, et plus largement de tous ceux à qui ils tendaient leurs micros et qui de ce fait pouvaient et osaient s'exprimer. Leur présence générait du courage et de l'engagement face aux porteurs de terreur.
C'est là que réside le « scandale » qui doit résulter de leur sacrifice. Faire chuter leurs auteurs. RFI a eu la chance de les embaucher. Ils ont trouvé là les moyens et la liberté de faire leur métier jusqu'au bout de leurs exigences. Ils sont aussi morts parce qu'ils représentaient RFI. En kinyarwanda, un proverbe dit que lorsque la douleur est trop forte, les larmes coulent à l'intérieur des yeux. Par dignité, par respect, par fierté. C'est le visage qu'il nous faut montrer aux assassins.
André Guichaoua - Professeur -Directeur de l'IEDES (Institut d'études sur le développement économique et social)

La Société des Journalistes de Monte - Carlo Doualiya partage la douleur des familles et amis de nos deux collègues Ghislaine Dupont et Claude Verlon de RFI et le groupe FMM, assassinés lâchement par un groupe armé au Mali. Cet assassinat visant à faire taire la voix de la liberté d’information ; et qui a ôté la vie à deux collègues – amis, aimés et respectés de tous, qui ont finalement payé au prix de leur vie la liberté et le droit d’informer. A cette occasion, nous affirmons que nous n’oublierons pas tous nos collègues tombés en couvrant les différents événements dans le monde, ainsi que les collègues enlevés, emprisonnés ou disparus pendant l’accomplissement de leur métier.
Abdulkader Khiachi - Journaliste - MC Doualiya

A tous nos collègues de RFI,
nous sommes sous le choc après les tragiques assassinats de Ghislaine Dupont et Claude Verlon au nord du Mali et, au nom de Reuters, nous vous présentons nos condoléances et notre compassion.
Nous suivons régulièrement et admirons l’excellente couverture de l’Afrique par RFI qui est rendue possible par le courage et le dévouement de collègues comme Ghislaine et Claude. Nous les saluons et garderons leur souvenir en mémoire.
Cordialement
Pascal Fletcher – Chef du bureau de l’Afrique Sub-saharienne à Reuters News

Chers tous,
C'est avec une grande tristesse que nous vous adressons le communiqué de la Société des journalistes de Radio France.
Bien à vous tous
Dominique André – Journaliste à Radio France

Je ne connaissais personnellement ni Ghislaine ni Claude mais dès que j'entendais un reportage de Ghislaine, je montais le son de la radio. Journaliste moi-même, j'en admirais l'exigence, le courage et la profonde humanité qui s'en dégageait. Mes pensées les plus sincères accompagnent les familles de Ghislaine et de Claude, tués pour avoir voulu faire simplement leur travail.
Anne-Christine Roth - Journaliste à l'AITV - France Télévision

Au-delà de la douleur e de la colère concernant la mort de Ghislaine et Claude, sachez que vous faites le plus beau métier du monde, celui de nous informer. J'ai toujours pensé qu'il faut avoir des ''cojones'' pour faire ce job et c'est encore plus vrai avec ce qui s'est passé hier. Qu'ils reposent en paix et que Dieu tout puissant nous fortifie dans ce moment très pénible. RIP héros.
Abdoulaye Mohamed - Un auditeur

Une fois de plus, notre chère RFI vient de perdre dans les conditions abominables, Claude et Ghislaine, des amoureux de notre continent. Nous sommes tristes et orphelins abandonnés en plein désert, le temps est au recueillement mais la liberté d'informer doit s'accompagner avec une sécurité absolue garantie aux reporters.
Courage, la lutte continue.
Comme Jean Hélène et d'autres, ils n'ont pas échappés au risques du journalisme d'investigation.
Qu'ils reposent en paix.
N'Gaidé Alassane - Un auditeur en Mauritanie

Chers tous, chers confrères, chers amis,
Avec vous de tout cœur depuis le Pakistan où, en reportage, j'ai appris hier soir l'horrible nouvelle et tente de partager la peine qui vous, qui nous affecte tous.
Au nom du Prix Joseph Kessel et du Prix Albert Londres, je vous adresse notre soutien, à vous, à la rédaction, aux familles de Ghislaine et de Claude.
Je me souviens de Jean Hélène, rencontré au Kenya non loin de la frontière somalienne et qui venait dormir de temps à autre chez moi lors de ses escales parisiennes.
Je me souviens de Johanne Sutton, rencontré lors de la guerre au Kosovo et qui a été tuée en Afghanistan non loin de la vallée où je me trouvais quelques jours plus tôt.
Je me souviens de Pierre Billaud, de la « maison d'à côté », rencontré à Jérusalem-Est, mort aux côtés de Johanne.
Tous étaient des êtres merveilleux, courageux, impartiaux, authentiques, remarquables journalistes et aussi compagnons de route, dont les mots résonnent encore et résonneront encore longtemps, comme ceux de Ghislaine de Claude.
Que dire, que dire...
Sinon
Avec vous de tout coeur.
Amicalement.
Olivier Weber - Grand reporter - Président du prix Joseph Kessel

Je suis journaliste malien.
Je voudrais m'associer à l'hommage suite à l'assassinat de nos deux confrères de RFI à Kidal. J'ai une anecdote à raconter. En 2005, je suis allé à Paris pour recevoir le prix du meilleur article de RFI-RSF. J'ai visité le siège de RFI. On m'a fait visiter les bureaux. Nous avons croisé Ghislaine Dupont dans les couloirs. Avant même les présentations, j'ai dit : « C'est Ghislaine Dupont ! » Elle a sursauté et dit : « Mais comment vous avez su ? » Et moi de répondre : « Je reconnais la voix de pratiquement tous les journalistes de RFI à force de les écouter ». A cette occasion, j'ai rencontré une personne chaleureuse qui n'a pas hésité à prendre de son temps pour me prodiguer quelques conseils pratiques sur le journalisme.
Ghislaine Dupont faisait partie des journalistes dont j'avais écrit les noms sur mon table-banc au lycée. C'est dire mon attachement à cette radio qui a contribué à mon choix de devenir journaliste. Je souhaite que la mort de ces grands professionnels contribue à
apaiser les esprits et ramener la paix au nord de mon pays.
Que la terre leur soit légère.
Amen.
Bréhima Touré - Journaliste au Mali

J'écoute RFI depuis l'âge de huit ans et aujourd'hui, j'en ai vingt-quatre et je dois à mon père mon amour pour cette grande radio internationale. Cela m'a permis de connaître tous ces grands journalistes, Olivier Roger, Ghislaine Dupont ,Christophe Boisbouvier , Stanislas N. ou encore Alain Foka, pour ne citer que ceux-là.
C’est donc avec une grande tristesse que je dis mes condoléances à RFI. Et lorsque j'ai appris la nouvelle douloureuse hier, la première question que je posais à mon père fut : « Quelle Ghislaine Dupont ? La Ghislaine Dupont de RFI ? » Et à lui de me répondre en me disant : « Tu connais une autre Ghislaine Dupont célèbre dans le monde et particulièrement en Afrique ? » Je lui répondis « non ». J’étais tellement sous le choc qu'un frisson m’a parcouru le corps de la tête aux pieds. Je condamne avec fermeté ces crimes, et que les auteurs soient arrêtés et jugés.
ADIEU GHISLAINE, on ne t'oubliera jamais. Je termine en souhaitant que RFI crée un grand prix qui portera son nom.
Oumar Traore - Un auditeur

La CCIJP, ses élus journalistes et ses représentants des organisations d’employeurs sont particulièrement émus de la disparition des personnels de RFI survenue samedi 2 novembre 2013 en territoire malien. Ils s’indignent de leur exécution ignoble.
Chaque année, la CCIJP accorde et renouvelle la carte à des journalistes professionnels susceptibles de défendre partout la liberté d’informer, et donc aussi à l’étranger et sur des théâtres d’opération de guerre dangereux. Dans l’exercice de leurs métiers, Ghislaine Dupont et Claude Verlon l’ont fait, au Mali, au péril de leur vie. Tous les journalistes professionnels doivent s’en souvenir.
La CCIJP présente aux familles ses très sincères condoléances.
La CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels)

Bonjour,
Je me souviens encore quand je présentais Afrique Soir. Gigi passait dix mille coups de fil. Elle devait passer en direct. Je lui demandais de ne pas faire trop long. Elle fut beaucoup trop longue.
Aujourd'hui j'aimerais qu'elle le soit. Entendre encore ses papiers très précis, exhaustifs. Je les réécoute sur RFI mais j'aimerais en écouter encore plus. (Mettez plus que le Mali)
Je connaissais mal Gigi mais sa mort m'attriste profondément, me choque énormément. et me laisse révolté. Je n'arrive pas à comprendre.
Quant à Claude, je l'avais croisé en Egypte et au Sénégal. Je le revois s'affairer pour le studio RFI à Dakar. Quel beau studio, y'avait une superbe ambiance. Et tout cela c'était grâce à lui. Les petites mains derrière les reporters qui sont tellement essentielles.
Mes pensées vont vers vous, les familles, les proches, les amis de Gigi et Claude. J'aimerais tellement être auprès de vous. Vous me manquez. Gigi et Claude me manquent.
Mehdi Meddeb - Journaliste indépendant

Bonjour RFI, bonjour la Radio du monde, bonjour la Radio martyre ; Yako à vous et à nous tous comme il est de coutume de dire ici en Côte d'Ivoire. Que Ghislaine et Claude qui viennent s'ajouter à la liste déjà longue de nos soldats de l'information morts dans l'exercice de cette noble tâche par des individus en mal de popularité ne nous désespère surtout pas dans la soif d'informer. RFI a été et est dans la bonne voie ; vive la Radio du monde !
C. Hamal - Un auditeur en Côte d’Ivoire

J'ai une pensée particulièrement émue ce soir, 2 novembre 2013, pour la pauvre Ghislaine Dupont, avec qui j'ai partagé ce magnifique voyage que nous avions fait sur les volcans de Sicile au mois d'août dernier. Sur cette photo, nous étions en train de déjeuner sur les pentes boisées de l'Etna. Je pense qu'elle appréciait comme nous tous qui étions avec elle ces extraordinaires paysages sauvages où le feu de la Terre se marie si bien avec la mer.
J'ai eu l'occasion de discuter plusieurs fois avec Ghislaine au cours de ce voyage : elle m'avait parlé avec passion de son métier de journaliste-grand reporter, de cette Afrique dont elle était littéralement possédée. Elle m'avait un peu expliqué certains évènements récents qu'elle avait couvert, de cette voix grave et chaleureuse, un peu éraillée - elle fumait beaucoup - qui était la sienne. Je n'oublierai jamais ce timbre si particulier, et ce discours à la fois précis, tranquille et clair, qui est celui des personnes de vaste culture.
Ghislaine Dupont et son collègue Claude Verlon ont été lâchement assassinés en faisant leur métier de journaliste qui est celui d'informer. N'oublions pas.
Laurent Goldstein - Un ami de Ghislaine

Je suis en colère, je suis en colère et effondré ce matin !
Vous ne méritiez pas une telle fin, si brutale, si ignoble et lâche.
J'ai vos voix enfouies en moi depuis 1994 et 2006.
Mon pays ne vous a pas supportés,
Mais vous l'avez toujours aimé.
Aujourd'hui je pleure votre mort brutale. Ils ne vous ont pas laissé la chance!
Mes condoléances à la grande famille RFI, soyez toujours forts.
Ils nous ont pris Gigi et Claude mais pas la Vérité, pas la force de parler!
Le sable de ce pays va sortir la vérité et elle lle va dénoncer les lâches criminels !
Adieu Ghislaine, adieu Claude!
Vous vivrez à jamais dans nos mémoires.
Vos voix sont encore plus retentissantes aujourd'hui que leurs armes!
Merci RFI d'exister et ne vous taisez jamais !
Continuez à faire ce que vous pouvez, afin qu'ils ne soient pas morts pour rien!
Merci et courage!!!
Willy M C - Un auditeur au Mali

Chère RFI, chère grande famille de l'information, chère grande famille de Ghislaine, de Claude,
depuis hier, je suis triste, touchée, révoltée, comme je l'ai été à la mort de Jean Hélène que j'ai connu. Ces assassinats, lâches tant par leur acte que par la douleur qu'ils entraînent ne sauraient vous arrêter dans votre mission noble d'informer, de dire ce qui est pour que ceux qui doivent prendre des décisions au bénéfice des populations, le fassent.
Je suis moi-même journaliste et je m'incline devant la disparition de confrères hautement appréciés et qui ont donné leur vie pour la vérité.
Puisse le Créateur apaiser votre douleur, celle des familles et nous convaincre que notre indignation ne sera pas vaine.
Je formule le vœu que justice soit pour le repos de leurs âmes et pour que ce sacrifice suprême ne soit pas vain.
« Ghislaine Dupont, Claude Verlon, RFI » signature inoubliable.
Reposez en paix !
Eliane Hervo-Akendengue - Journaliste

Bonjour
Je suis Sea Dosso, membre de Club-RFI Abidjan. C'est avec amertume et déception que j'ai appris cette triste nouvelle ce matin dans l'édition de 3h00 GMT. C'est en octobre 2011 pendant le séjour de RFI à Abidjan que j'ai fait connaissance avec Claude Verlon.
Mais diantre quand cette pauvre Afrique comprendra que l'information est un préalable au développement ? Hier ce fut Jean Hélène sous nos yeux sur les bords de la lagune Ébrié à Abidjan, et aujourd'hui, mon cher et ami Claude et sa collègue Ghislaine. Oh my God, plus de mots à dire, mes yeux sont déjà noyés dans une marre de larmes.
Mes condoléances à la famille de mon ami Claude et Ghislaine.
Sea Dosso - Auditeur et membre du club RFI d’Abidjan

Oh mon Dieu!
4h30, alors j'allume mon transistor de chevet pour ma mise à jour habituelle, la nouvelle est claire et nette, je refuse de l'admettre... Quoi Ghislaine Dupont, morte ?
Abattu, triste, écœuré, choqué, irrité, que sais-je encore...
Ghislaine, ta voix apaisante va me manquer, va nous manquer...
Les mots me manquent pour exprimer cette familiarité à RFI. Mon enfance, ma jeunesse, mes examens scolaires, tout y passe... J'avais toujours de l'avance grâce à vous sur l'évolution de notre époque. À la moindre rumeur, je cours me mettre RFI et parfois aussi je l'arrête quand l'info n'est pas à mon goût, en particulier les résultats sportifs...
Aucun nom ne m'est inconnu de vos grands reporters et c'est avec un petit sourire en coin que je retrouve certains visages sur France24...
Pas de mots sincèrement. Juste : Courage !
PS: Qu'ils reposent en paix.
Une pensée à leur famille et collègues.
Jean-Paul Layang - Un auditeur de Yaoundé

Bonjour, je suis Lucien Kahozi Kosha, journaliste correspondant de l'AFP, BBC et VOA sport basé à Lubumbashi RDC. J'adresse mes condoléances à RFI et à la famille biologique de Ghislaine Dupont qui a été pour moi une journaliste modèle des reportages de terrain. J'avais travaillé avec elle ici à Lubumbashi comme son fixeur ; je garde des très bon souvenir. C'est elle qui m'a appris le montage audio sur ordinateur. Je suis choqué d'apprendre son assassinat ; Ghislaine c'est un soldat de la démocratie tombé sur le champ d'honneur. Que son âme repose en paix.
Lucien Kahozi Kosha - Journaliste à Lubumbashi

Nous sommes touches, tristes et fort en colère de la disparition violente de Ghislaine et Claude, nos pensées les plus tendres accompagnent leur famille.
Ils vont rejoindre le monde des ondes qu'ils affectaient et qu'ils nourrissaient de leurs informations précieuses et si professionnelles, l'Afrique ne les oubliera pas...
Nous vivons au Mali depuis cinq générations, ce pays coule dans nos veines et sa douceur est un exemple pour le monde.
Chacun d'entre nous doit tout faire pour la préserver.
Pour la famille de Ghislaine Et Claude, afin d'apaiser un peu leur souffrance, un poème de Birago Diop :

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne sont pas morts.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
Ils sont dans le Rocher qui geint,
Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
Les Morts ne sont pas morts.

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entendent,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.

Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entendent,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres
.
Isabelle Souccar - Une auditrice au Mali

After Johanne Sutton died on 11 November 2001 in an ambush in North- eastern Afghanistan and Christian Baldensperger, alias Jean Hélène shot him in the head October 21, 2003 in Abidjan, now is the turn of Ghislaine Dupont and Claude Verlon disappear. This November 2nd, in circumstances still tragic as each other, they fell on the battlefield. The outrage vies with consternation. Journalism, how risky business ? Especially that sudden death is coldly produced out of an interview...
It was so familiar to this signature « Claude Verlon, Ghislaine Dupont, Kidal, RFI » we find it difficult to imagine that they were shot almost in familiar territory . On July 23, I still remember this little phrase Ghislaine Dupont: « La région de Kidal est la puissance au carré des maux du Mali » she acknowledged. All these risks have not cooled their tenacity and their love for the craft. I keep them the memory of great seasoned professionals accustomed difficult terrain. But is that enough to lower our guard? The checkpoint did they disappear after the presidential election? Obviously, these two questions is addressed to responsible MINUSMA and SERVAL operation Kidal. To some extent, the murder of Ghislaine Dupont and Claude Verlon calls the officials in charge of security in the region. Without doubt it is premature to conclude that they have failed in their mission to Touareg stronghold is a volcano. At the same time, these two questions calls for more caution on the part of journalists on assignment in areas of conflict and lawlessness. Despite their courage and boldness...
Overwhelmed by emotion, I can only bow to the memory of these two brothers died in the line of duty. The new Malian authorities should conduct an investigation to arrest the culprits. Similarly they should especially strengthen security in the north. It is this condition that journalists in Mali and elsewhere will continue to go there to do their job with confidence. On behalf of the public's right to information. The authors of this barbarity must not go unpunished.
Lieutenant-colonel Ewala Abessolo

A tous nos confrères de RFI,
au nom de la rédaction, je me permets de transmettre toute la tristesse de Libération devant la mort de vos deux journalistes. De nombreux reporters de Libération connaissaient Ghislaine Dupont et Claude Verlon et appréciaient leur remarquable professionnalisme. C’est l’émotion et la colère qui nous animent aujourd’hui devant cet assassinat odieux et abject.
Fabrice Rousselot - Directeur de la rédaction de Libération

Ce soir je me sens mal. Je souffre au fond de moi. Je te revois cet après-midi du 20 mars 1993. Des hauteurs de la tour de Radio France, tu faisais tes débuts avec la société congolaise, tu m'as parlé de Guillaume Ngefa qui était passé quelques jours avant moi. Tu m'as présenté Christophe Boisbouvier. Je n'ai arrêté d'écouter tes analyses, tes reportages. On ne s'est plus jamais revu. Jamais. Mais pourtant j'ai gardé ton regard calme. L'austérité de tes mots. Et cette profondeur qui se cachait derrière l'apparence du contraire. Tu n'étais pas une sainte, je le sais de par tes ennemies à la rédaction Afrique de RFI. Mais je suis resté un tes admirateurs.
Tu connaissais l'Afrique, tu aimais l'Afrique. Elle va te manquer. Elle va manquer ton expertise. Aujourd'hui j'ai un double deuil. On est en train de tuer la liberté de presse qui a fait avancer la démocratie au Kenya. Et puis il y a toi qui es partie. Je ne sais pas mais pourquoi tant de peines suivent toujours tant de joies, la fête des otages ne sera plus complète...
Ce soir je souffre au fond de moi-même. Parce que le Nord-Mali fait partie des ces nombreux « Nord » que l'Histoire a légué à l'Afrique. Et que c'est lâche de te faire payer ton engagement pour la lumière. Ce soir je me sens mal.
A ta famille, tes proches, à ceux de Claude Verlon, j'ai juste un mot: l'Afrique n'oublie pas ceux qui donnent leur vie pour elle. Ici les morts ne sont pas des morts.
Batabiha Bushoki - Fondateur de campagne pour la paix au Nord Kivu en 1993

Le monde n'est certes pas juste mais certains faits et gestes peinent tellement que même les pleurs n'arrivent à rien face cette peine. Ghislaine, je l'écoutais attentivement chaque fois qu'elle était sollicitée pour donner des repères à la compréhension de l'actualité
dans l'émission Appels sur l’actualité. Je n'écouterai plus jamais sa voix en direct mais je l'écouterai toujours. Les terroristes ont voulu lui clouer le bec c'est raté. Ils n’ont fait que raviver nos désirs à les haïr et ce sera comme cela tant qu'ils ne comprendront que Dieu est amour et qu'il est inadmissible de tuer au nom de Dieu.Claude, chaque fois que j'écoutais son nom je savais qu’ils venaient de faire un travail de génie pour nous mettre au parfum de ce qui se passait.
À tous deux, que la terre leur soit légère.
Ils sont à jamais dans nos cœurs.
Patrick Lesimple - Un auditeur

J'ai eu la chance de rencontrer ces deux personnages formidables que sont Ghislaine et Claude, à la faveur des passages de l'un et de l'autre en Cote d'Ivoire. Je suis moi même journaliste, comptant beaucoup d'amis à RFI. Je suis simplement affligé par ce double crime. Je suis aussi et surtout troublé par la proximité de la commémoration des dix ans du douloureux assassinat de notre ami Jean Hélène, qui a été marqué par la décoration a titre posthume de l'illustre disparu par les autorités ivoiriennes, cette proximité troublante donc d'avec ce double assassinat dont ont été victimes Ghislaine et Claude. Moins de deux semaines séparent les deux événements.
Terrible nouvelle tombée ce samedi 2 novembre, jour du souvenir des morts. Encore affligeant et troublant ! Espérons que ces coïncidences troublantes sont seulement le signe que le Seigneur était impatient de les accueillir dans son paradis. Espérons pieusement que c'est la volonté du Créateur Tout puissant qui s'est manifestée et non la vanité et la bêtise humaine qui ont triomphe.
Condoléances a toutes et tous de RFI, des familles et amis de Ghislaine et Claude et surtout courage ! Prions pour leurs âmes !
Abdoulaye Sangare - Journaliste, Conseiller au Ministère de la Communication, Abidjan

Bonsoir,
expatrié français en Guinée Conakry, ce meurtre horrible me touche profondément...étant souvent en brousse dans des zones reculées sur les routes les voix de Ghislaine Dupont et Claude Verlon étaient devenus familières.
L'Afrique donne, mais peut prendre avec tant de violence...
Une pensée a leurs familles et aux équipes de RFI,
Tristement.
Noam Assouline - Un auditeur en Guinée Conakry

En ce moment mes larmes ne peuvent plus cesser de couler. A l'heure où je vous écris ces petits mots venant directement de mon cœur. Cette triste disparition de nos deux confrères constitue un drame et un choc permanent pour moi et mon cœur étant jeune journaliste qui fera carrière dans ce noble métier, celui d'informer. A vrai dire je n'ai pas connu ni Ghislaine cette figure emblématique de la presse française ni Claude Verlon mais leurs mémoires me sont regrettables désormais et pour le reste de ma vie. Mes chers de la Radio France Internationale je vous souhaite mes sincères condoléances que la vie continue. Que la mémoire de Ghislaine et de Claude soient toujours vivantes. Qu'ils reposent en paix.
Bien-Aimé Saveny - Journaliste à Haïti

Je suis profondément choquée par cette tragédie qui touche injustement RFI dont le travail en Afrique et pour l'Afrique est si incontournable. En particulier, je suis très touchée par la mort de Ghislaine Dupont qui a couvert la RDC pendant des années avec courage et en ne craignant pas de déplaire aux autorités congolaises, en tendant le micro à tous, y compris aux mouvements armés. Je me souviens de cette période (2003-2004) où le gouvernement congolais l'accusait de « faire le marketing de la rébellion », alors qu'elle faisait juste son métier, avec ténacité et rigueur.
Pendant des années, elle a fait entendre des voix qu'aucun autre média ne répercutait au Congo. Et je suis sure que ce soir, bien des Congolais sont en deuil...
Récemment, quand je faisais pour Panos l'étude sur l'auditoire des radios à l'Est du Congo, j'ai été frappée par le nombre d'auditeurs qui mentionnaient encore son nom lorsqu'on leur demandait qui était leur journaliste préféré, alors qu'elle était "privée" de couverture de la RD Congo depuis plusieurs années. Lorsqu'on demandait aux auditeurs pourquoi ils l'appréciaient, ils disaient : « parce qu'elle est courageuse et qu'elle dit la vérité ». Ce qui arrive est terriblement injuste et, depuis hier soir, je partage le deuil de la rédaction Afrique de RFI. Et je pense que nous sommes nombreux à partager votre douleur ; tous ceux à qui RFI permet d'entendre ce qu'aucune autre radio, aucun autre média ne dit de l'Afrique, depuis l'Afrique, avec l'Afrique.
Pr Marie-Soleil Frère
Directrice du Centre de Recherche en Information et Communication
Université libre de Bruxelles

Recevez mes condoléances après ce crime tragique où deux piliers de RFI qu’il m’est arrivé plusieurs fois de croiser sur des terrains également très difficiles en Afrique sont morts dans des circonstances horribles. Cela laisse sans voix. Je pense à leurs familles, à leurs amis et à vous.
Gabriel Kahn, correspondant de RFI aux Philippines

La Société des Journalistes de RFI condamne avec la plus extrême vigueur l’odieux assassinat de nos deux collègues, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, retrouvés morts dans des circonstances atroces à dix kilomètres de la ville de Kidal, au Nord Mali, une heure environ après leur kidnapping le samedi 2 novembre 2013.
La SDJ s’incline devant la mémoire de Ghislaine et de Claude, morts dans l’exercice de leur fonction et salue en eux les grands professionnels qu’ils furent.
La SDJ attend désormais des autorités maliennes et françaises qu’elles conduisent des enquêtes rapides et impartiales afin que les coupables de cet acte ignoble et révoltant soient arrêtés et traduits devant la justice.
La SDJ appelle aussi les autorités maliennes et la communauté internationale à tout mettre en œuvre afin que les journalistes, maliens et étrangers, puissent exercer en toute sécurité leur métier dans le nord du Mali et en particulier à Kidal.
La SDJ présente ses condoléances aux familles de Ghislaine et de Claude, à leurs proches et à leurs collègues, et s’associe à leur douleur.
La SDJ tient aussi à remercier les auditeurs, confrères, acteurs de la société civile, responsables officiels, pour leurs très nombreux messages de soutien.
SDJ RFI

Je suis bouversé . Révolté . C' est épouvantable . Pour avoir connu avec toute l' équipe par deux fois des évènements identiques , je vous imagine tous en ce moment . Je pense à Ghislaine et Claude que j ' appréciais humainement et professionnellement . Je vous transmets mes plus sincères condoléances et surtout ma chaleureuse amitié.
Gilles Schneider, ancien directeur des rédactions de RFI

Ma chère Ghislaine

Je me souviens de ton sourire quand je passais vous voir au service afrique, on passait du temps à discuter, toujours de boulot, mais toujours en se marrant. Quand j'ai commencé il y a onze ans à rfi, je te voyais tout le temps pendue au téléphone, rester au bureau super tard, et tu m'impressionnais par le boulot que tu abattais et cette attitude de non compromis que tu affichais en permanence, parce que c'était tellement ancré en toi. Je me souviens que je te demandais timidement des conseils, qu'une fois, tu étais venue me féliciter sur une interview et pour moi c'était la consécration que ca vienne de toi.
Ma chère Ghislaine, pour moi tu incarnais RFI, tu en étais un des symboles, et te perdre, c'est perdre un gros morceau de l'âme de cette radio, un modèle de journalisme aussi. Le fait d'être loin est terrible car là en ce moment, je voudrais être avec tous les autres pour te pleurer, à Paris.
Gigi, tu vas tellement nous manquer, que je n'arrive pas encore à croire à la réalité de ce qui s'est passé.
Nous t'aimons fort.

Cher Claude,

On s'est rencontrés aux sommets de l'Union africaine avec Boibsbou. Ta discrétion, ton humour, faisaient de toi un partenaire de boulot idéal. On a rigolé dans les couloirs, je me souviens de toi en train de gueuler parce qu'ils avaient fermé les portes, et puis d'un seul coup je t'ai vu de l'autre côté, t'avais réussi à rentrer par magie. Tu parvenais toujours à tes fins et tu ne te laissais jamais décourager. Claude, tu vas nous manquer terriblement. Stéphanie Braquehais, correspondante de RFI à Nairobi

Je l’avais rencontrée quand je travaillais à l’Union africaine et le dossier du Togo qu’elle suivait particulièrement, nous avait rapproché. Nous avons même tenté plusieurs fois de travailler [ensemble]. Elle m’avait dit que l’actuel président resterait, je lui ai dit peut-être oui, peut-être non. Et enfin, il s’est instauré entre nous une relation de blagues. Quand je passais à Paris, elle m’invitait à prendre un pot. Elle me laisse le souvenir d’être quelqu’un d’extrêmement sympa, de très engagée pour l’Afrique. Je trouve simplement consternant qu’elle ait été tuée comme ça dans mon propre pays.
Adam Thiam, éditorialiste au journal Le Républicain (Mali)

J’ai été complètement abattu par ce deuil qui nous est imposé par ces horribles assassins ! J’ai connu Ghislaine en 1994-1995 au Rwanda. Elle était d’une des rares journalistes françaises à couvrir la colère après le génocide.
J’y travaillais pour les Nations unies dans le cadre de la mission du Haut commissaire au droit de l’homme et elle était à Kigali pour un reportage. Et dans des conditions extrêmement difficiles. C’était une journaliste hors pair qui était consciente des risques que son métier lui imposait. Mais elle n’avait jamais voulu se dérober à son devoir à bien informer ses auditeurs, et elle avait une capacité d’écoute, d’analyse et surtout de synthèse extraordinaire. J’avoue que j’étais tout le temps émerveillé par sa manière de travailler. Je lui avais accordé une interview qui avait ainsi lancé une amitié professionnelle et personnelle depuis 19 ans. J’ai perdu ainsi une sœur…
Roland Amoussouga, porte-parole du Tribunal pénal international pour le Rwanda

Je m’occupais des traductions en Lingala et en Kikongo et à chaque fois qu’on envoyait un papier comme ça, on devait le signer. Donc quand moi j’ai signé « Zizi Entobo, depuis Mbandaka », Ghislaine a été quelque peu mécontente et elle m’a appelée pour me demander si c’était ça mon prénom et je lui ai dit que oui, que je m’appelle Zizi, et elle a rigolé un peu en disant que non, qu’il faut aller voir dans le dictionnaire la signification de ce prénom. Je suis allé moi-même vérifier dans le dictionnaire et j’ai éclaté de rire aussi.
Elle m’a dit ensuite que, désormais, je porterai son prénom et depuis, je suis devenu Ghislaine de Radio Okapi. Et j’en suis très fière parce que, Ghislaine Dupont faisait la fierté et l’honneur des femmes journalistes dans le monde. J’ai toujours apprécié le sérieux avec lequel elle faisait son travail. Ça fait très mal de perdre une telle journaliste. Elle était mon idole. J’avais toujours rêvé de devenir très populaire comme cette « dame de fer ». Nous espérons que les auteurs de ces actes ne resteront pas impunis. Ghislaine ex-«Zizi» Entobo, journaliste à Radio Okapi (RDC)

J’ai rencontré Ghislaine en 1997 à Lubumbashi après la prise de la ville par la rébellion congolaise. Le pays s’appelait à l’époque Zaïre. On avait pas mal travaillé ensemble et j’aimais bien et son professionnalisme et sa joie de vivre. J’aime bien les gens qui peuvent arriver à mêler les deux et elle mêlait les deux. Le premier souvenir qui m’est venu à l’esprit, c’est une virée nocturne qu’on avait faite, on cherchait un restaurant, c’était la nuit, on était partis dans la savane à l’extérieur de Lubumbashi. Quand on arrivé dans le restaurant qui était tenu par un Grec, il était fermé. Elle s’est présentée, il a su que c’était Ghislaine, « Ghislaine Dupont de RFI » : tout de suite, il a rallumé les fourneaux et nous a servi poulet, frites et la Primus, la bière locale.

Quand je tenais le bureau de l’AFP à Kinshasa, je la croisais via les ondes de la radio parce qu’elle avait été expulsée par Kabila fils de Kinshasa, après avoir déplu au père, et à Mobutu d’ailleurs. Mais elle travaillait toujours beaucoup depuis Paris sur le Congo, c’était superbement bien informé, bien qu’étant à Paris. Et donc quand je l’entendais, je me disais : « Est-ce qu’elle ne va pas me sortir une info que je n’ai pas encore eue ». Parce que c’était un peu galère pour récupérer l’information, car depuis Paris, finalement, les téléphones passent beaucoup mieux vers Goma que depuis Kinshasa. Elle avait souvent peur de se faire enfumer en réalité, dans ce sens là, j’imagine qu’elle préférait de très loin faire du terrain que travailler depuis Paris et je sais que quand elle a quitté RDC, elle était un petit peu chagrinée, d’être un peu éloignée.
Jean-Pierre Campagne, journaliste spécialiste de l’Afrique à l’AFP
(Lire son billet ici)

Je n'étais pas un familier de Ghislaine Dupont et je ne connaissais pas Claude Verlon. Il m'est arrive, certes, de m'agacer en écoutant celle qui était alors l'incontournable correspondante de RFI à Kinshasa , tant mon appréciation , parfois, divergeait de la sienne. Mais jamais son honnêteté professionnelle, son intégrité morale et la qualité de son écriture radiophonique n'ont souffert de la moindre équivoque à mes yeux. Je me souviens l'avoir dit à Joseph Kabila lui même, lorsque lui et son entourage étaient en proie à un "Dupont bashing" aussi inutile qu'hysterique: c'est en acceptant cette expression qui vous dérange que vous ferez progresser la démocratie. On connaît, hélas, la suite... Au nom de la rédaction de Jeune Afrique, pour ces deux confrères morts sur le front du devoir d'informer et de la liberté de dire, recevez toute notre sympathie.
François Soudan. Directeur de la Rédaction de Jeune Afrique.

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