Assassinat des envoyés spéciaux de RFI: au moins 35 personnes arrêtées au Mali

Claude Verlon et Ghislaine Dupont à Kidal au Mali, en juillet dernier.
© RFI

Selon des sources sécuritaires maliennes, au moins 35 personnes ont été arrêtées ces dernières 48 heures dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat des deux envoyés spéciaux de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, samedi 2 novembre dans le nord du Mali. L'information a été confirmée par une source administrative à Kidal. Par ailleurs, des documents découverts dans la voiture des ravisseurs ont permis de remonter la piste des membres du commando qui ont assassiné nos deux confrères.

Des documents et des numéros de téléphone découverts dans la voiture des ravisseurs ont visiblement permis aux éléments de Serval et aux enquêteurs des services secrets de remonter la piste de trois des quatre ravisseurs. Ils seraient, d'après des informations RFI, toujours recherchés actuellement. Les renforts envoyés lundi soir à Kidal par l'armée française participent activement à ces recherches.

Les dix personnes arrêtées dans un premier temps - il y a en a désormais 35 - ne feraient pas partie du commando. Ce sont apparemment des proches ou encore des connaissances des membres supposés du commando. Signe que l'enquête est complexe, les 5 personnes interpellées par la force Serval samedi à 17H, puis interrogées durant 48 heures à Gao, ont été relâchées « faute d'éléments concrets », explique une source militaire française.

Les missions menées par les militaires français et des guides de l'armée malienne se sont concentrées dans une zone située à 45 kilomètres à l'est de Kidal - le puits d'Igouzar -, une zone de cantonnement connue d'éléments du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA). D'ailleurs, un diplomate malien affirme que les quatre ravisseurs présumés ont été cantonnés récemment dans l'un de ces camps.

Sur les quatre membres soupçonnés de faire partie du commando, trois ont apparemment été questionnés cette année à Kidal par les militaires de Serval, selon le journal Le Monde. Deux de ces hommes sont réputés proches d'Aqmi. Ils auraient, ces dernières années, fourni des véhicules au groupe terroriste, notamment à la katiba d'Abdelkrim Targui, celle qui vient de libérer les quatres otages d'Arlit et qui détient, sans doute, un autre Français, Serge Lazarevic.

Ceux qui savent ne parlent pas.
Jean-Yves Le Drian (à propos de l'enquête en cours)
06-11-2013 - Par France Inter

Des opérations, des fouilles, ont déjà eu lieu. Les investigations progressent.
Najat Vallaud-Belkacem
06-11-2013 - Par Valérie Gas