Congo-Brazzaville: visite de Michel Djotodia à Oyo pour préparer la réunion de Bangui sur la RCA

Michel Djotodia, le président de la transition en Centrafrique.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Bangui, la capitale centrafricaine abrite le 8 novembre 2013 une réunion devant regrouper les représentants d’une quarantaine de pays et des bailleurs de fonds sur la crise que vit le pays. Le président de la transition centrafricaine, Michel Djotodia, a fait un tour éclair mercredi à Oyo, à 400 kilomètres au nord de Brazzaville où il a fait le point des préparatifs de cette rencontre avec Denis Sassou Nguesso, président du comité de suivi, lui-même attendu à Bangui. MichelDjotodia en a profité pour parler de l’insécurité qui sévit en Centrafrique, affirmant que le respect de la transition dépend de la situation sur le terrain.

La première réunion du groupe de contact international sur la RCA, tenue en mai à Brazzaville, a été marquée par l’annonce de la mise sur pied d’un fonds d’affectation spécial. La deuxième réunion, que la capitale centrafricaine abrite ce 8 novembre, vise à mobiliser les bailleurs. «Le président du comité de suivi en la personne de son excellence monsieur Denis Sassou Nguesso a tenu à ce que la deuxième rencontre ait lieu à Bangui, le théâtre des événements, a déclaré Michel Djotodia. Comme ça, les bailleurs de fonds feront eux-mêmes l’état des lieux et éventuellement pourront se motiver à l’idée de nous aider».

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Quant à l’insécurité que connaît le pays depuis la prise du pouvoir par l’ex-mouvement de la Seleka en mars dernier, Michel Djotodia affirme que cette insécurité n’est pas vécue partout de la même façon : «La ville de Bangui est presque pacifiée. Sur les 16 préfectures que nous avons, il y a seulement quatre qui connaissent encore des moments de trouble».

S’agissant de la période de transition fixée à 18 mois, Michel Djotodia souligne que son respect ne dépend pas de sa seule volonté : «C’est le terrain qui commande. Ce n’est pas moi. Il ne m’appartient pas de vous dire si c’est 18 mois ou 15 mois. Si les conditions sont réunies pour les élections libres et transparentes, nous n’hésiterons pas».


■ REACTIONS: en Centrafrique, les habitants comptent sur l’ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU est censé se prononcer dans les prochains jours sur le renforcement de la force africaine, la Misca, et sur la possibilité de faire passer cette force sous casque bleu des Nations unies. Le délai d'un mois que le conseil avait fixé au secrétaire général pour présenter un nouveau rapport expire en effet à la fin de cette semaine. Le calendrier sera-t-il tenu ? Les délicates discussions sur le financement de cette force vont-ils retarder les choses ?

La décision de l'ONU est en tout cas attendue avec impatience par les Centrafricains. Les populations continuent à crier leur détresse, face à des hommes de l'ex-rébellion Seleka qui échappent toujours au contrôle de l'Etat et font régner leur loi notamment à l'intérieur du pays comme en témoigne cet habitant de Bambari, à 280 kilomètres au nord-est de la capitale : « Ce sont les Seleka qui gèrent toujours Bambari donc le général ben Laden et ses acolytes. Au niveau administratif, c’est seulement le préfet qui est là et qui n’a pas l’autorité. La Seleka continue à racketter la population civile. Les bâtiments administratifs, les maisons des particuliers sont encore utilisés et conservés par la Seleka. Aux alentours de Bambari, les exactions continuent. Les membres de la Seleka ont distribué des sacs vides aux planteurs de café pour les récupérer pour eux ensuite. Pareil dans les mines, ils prennent des jeunes pour les utiliser et ce sont eux qui bénéficient des revenus de l’or. Nous voulons que la force internationale qui doit être déployée en République centrafricaine neutralise les Seleka ».

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