Assassinat des envoyés spéciaux de RFI: Baye Ag Bakabo au centre de l'enquête

Des membres de la Minusma et du MNLA inspectent le véhicule emprunté par Ghislaine Dupont et Claude Verlon, avant leur enlèvement à Kidal, samedi 2 novembre.
© REUTERS/Stringer

L'identité de l'homme qui aurait planifié le rapt de Ghislaine Dupont et Claude Verlon a été révélée : il s'appelle Baye Ag Bakabo, selon des sources sécuritaires maliennes et régionales citées par l'AFP. C’est une avancée importante dans l'enquête sur l'enlèvement et l'assassinat des journalistes de RFI, samedi dernier, à une douzaine de kilomètres de Kidal, dans le nord du Mali.

Selon les informations de RFI, Baye Ag Bakabo serait lié à al-Ansar, une importante katiba d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Cette brigade, dirigée par Abdelkrim Targui, aurait contribué à la libération des quatre otages français d'Arlit, la semaine dernière.

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C’est cette katiba qui détiendrait toujours Serge Lazarevic, enlevé en septembre 2011 au Mali. Baye Ag Bakabo lui aurait notamment procuré des véhicules, volés à l'armée et l'administration malienne. C'est lui qui, selon des sources sécuritaires maliennes et régionales citées par l'AFP, aurait planifié l'enlèvement de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

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Désormais suspect numéro 1, ce touareg serait aussi passé par le MNLA, affirme l'AFP. Une information démentie par Ambeiry Ag Ghissa. Le chef du MNLA à Kidal, dernière personne que nos deux confrères ont interviewée, affirme n'avoir jamais vu Bayes Ag Bakabo et n'avoir aucun lien avec lui. Il admet néanmoins faire partie de la même tribu que lui, les Taghat Mellet. Une tribu qui compte quelque 3 000 membres, précise-t-il.

Mais Baye Ag Bakabo est surtout le propriétaire du pick-up qui a servi, samedi, à l'enlèvement de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Un Toyota beige, retrouvé abandonné à une douzaine de kilomètres de Kidal, à quelques mètres des corps de nos collègues. 

Des habitants de Kidal ont par ailleurs rapporté à Ambeiry Ag Ghissa que d'importantes quantités d'huile avaient coulé sous l'un des deux essieux du pick-up, ce qui semble accréditer la thèse de la panne lors de l'enlèvement, et la décision des ravisseurs d'exécuter les otages sur place. A bord du véhicule, des documents et des numéros de téléphone qui auraient été décisifs pour les enquêteurs.

Les rangs de ces derniers ont été complétés ce vendredi par l'arrivée d'une délégation composée du chef du Service investigations judiciaires de la gendarmerie nationale malienne, d'un substitut du procureur de la Commune III de Bamako, en charge des dossiers qui concernent le Nord, et des enquêteurs maliens, se sont envolés pour Kidal. Une dizaine de personnes au total, pour une mission qui devrait durer plusieurs jours, pour assister les équipes de la prévôté déjà sur place.