Sahara occidental: le Maroc présente un projet de développement pour les «provinces du sud»

Près de 14 milliards d'euros d'investissements publics et privé sont engagés pour développer «les provinces du sud».
© (Carte : Wikimédia)

Difficile de n'y voir qu'une coïncidence d'agenda : le Conseil économique et social marocain a publié vendredi, deux jours après le discours du roi Mohammed VI sur le Sahara Occidental et alors que John Kerry est attendu dans la région, un projet de développement de ce qui est appelé au Maroc les « provinces du sud ». Le rapport propose un « nouveau modèle » pour l'ancienne colonie espagnole, revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario, avec lesquels les négociations sont dans l'impasse.

Dans son discours solennel de mercredi soir, le roi Mohammed VI avait longuement développé sa vision d'un Sahara occidental qui serait comme le prolongement africain de son royaume.

Après un an de travail, et 1 500 personnes auditionnées, le Conseil économique, social et environnemental marocain a donc répondu à cette vision en publiant un rapport très ambitieux pour la région.

Nizar Baraka, le président de cette instance consultative a affirmé : « Nous avons privilégié un certain nombre de secteurs. Il y a tout ce qui est des énergies renouvelables, le secteur de la pêche, de l'agriculture, des industries et de transformation notamment des produits de la mer, la logistique, le tourisme notamment le développement du tourisme écologique. »

Un potentiel à développer

Près de 14 milliards d'euros d'investissements publics et privés, et la création de 120 000 emplois sur dix ans sont les objectifs de ce chantier tentaculaire présenté à la presse.

Celui-ci vise à transformer en profondeur une gigantesque région désertique, où le développement est freiné depuis des années par des tensions politiques que l'ONU ne parvient pas à résoudre.

Nizar Baraka souhaite ainsi faire évoluer les choses : « Le roi l'a rappelé dans son dernier discours, le Maroc ne peut pas rester dans son immobilisme. Aujourd'hui, il y a des populations qui souffrent, des populations qui ont un potentiel de développement. Il faut absolument apporter une réponse à ses attentes. »

L'alternative proposée par le Conseil doit maintenant être présentée au gouvernement, ainsi qu'aux parlementaires.

A RELIRE : Sahara occidental: Bouteflika «a appuyé sur une plaie qui fait très mal à Rabat»

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.