Expulsions de migrants d'Arabie saoudite : le gouvernement éthiopien fait profil bas

Des travailleurs éthiopiens attendent d'être rapatriés, à Manfouha, dans le sud de Riyad, le 11 novembre 2013.
© REUTERS/Faisal Al Nasser

En Arabie Saoudite, les travailleurs illégaux sont désormais indésirables, et l’Ethiopie est au cœur de la tourmente. D’une part parce que l’un de ses ressortissants a été tué lors d’une opération de police mardi dernier, mais plus généralement, car des dizaines de milliers d’Ethiopiens et d’Ethiopiennes vivent en Arabie Saoudite, bien souvent après avoir traversé clandestinement la mer Rouge et le Yémen.

Respectant la mesure prise par le régime de Riyad, Addis-Abeba a très vite réagi en annonçant le rapatriement de ces travailleurs illégaux. 

« Notre relation avec l’Arabie Saoudite est bonne, c’est simplement une question dont nous devons discuter, car il s’agit de citoyens éthiopiens », estime le Secrétaire d’Etat éthiopien aux Affaires étrangères, Berhane Gebre-Christos, qui ne tient ainsi pas à envenimer la situation. « Si le gouvernement saoudien a décidé qu’ils devaient partir, et si eux-mêmes veulent rentrer au pays, il est de notre responsabilité d’accueillir nos concitoyens. Nous ne voulons pas les voir déporter de force. »

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Le responsable concède qu’il ne dispose pas de chiffres officiels sur le nombre de personnes concernées, et le plan d’action est donc encore flou. Une collaboration avec l’Office international des migrations (OIM) est envisagée, mais le rapatriement ne sera qu’une première étape.

Le défi principal : la réinsertion

Car le défi principal sera de réinsérer ces milliers de personnes qui avaient dû s’exiler pour fuir un taux de chômage de 20%.

Un taux qui devrait encore monter puisque l’Éthiopie a récemment décidé d’interdire toute expatriation, même légale, aux dizaines de milliers de candidats qui voudraient travailler comme employés de maison dans les pays du Golfe ou au Liban par exemple.

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