Pour les Africains, la lutte contre la corruption n’est pas assez efficace

La corruption reste perçue comme un problème, au quotidien, par la plupart des Africains.
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La majorité des habitants de 34 pays africains estiment que leur gouvernement n’en fait pas assez pour lutter contre la corruption. C’est ce qui ressort d’une enquête d’opinion réalisée par AfroBaromètre auprès de 51 000 personnes entre octobre 2011 et juin 2013. Cette enquête montre aussi à quel point la corruption reste perçue comme un problème au quotidien par la plupart des Africains.

Sur l’ensemble des 34 pays étudiés dans l'enquête réalisée par AfroBaromètre, ce sont les policiers qui sont perçus comme les plus corrompus, suivi des gouvernants et des agents des impôts. Près d’une personne interrogée sur trois reconnait d’ailleurs avoir déjà versé un pot de vin au cours de l’année passée, pour éviter un problème ou obtenir un service, un permis, une place à l’école ou des soins médicaux.

Les pauvres, les plus vulnérables

« Ce sont les citoyens les plus pauvres qui sont les plus vulnérables à la corruption », explique Richard Houessou chargé de programme à Afrobaromètres. « Ce sont à ceux-là que l’on demande le plus d’offrir un cadeau avant d’obtenir un service qui est de droit. On se rend compte que ceux qui ont fait l’expérience de la corruption, ceux qui ont eu à payer pour obtenir un document par exemple, sont les moins satisfaits de la démocratie en Afrique. »

Près de 56 % des personnes interrogées déclarent que leur gouvernement lutte plutôt mal ou très mal contre la corruption. C’est au Nigeria, au Cameroun et au Mali que l’indice de perception de la corruption est le plus élevé.