Arabie saoudite: l’Ethiopie prête à organiser le retour des ses travailleurs illégaux

Des Ethiopiens illégaux se préparent à quitter l’Arabie saoudite, le 10 novembre 2013.
© REUTERS/Faisal Al Nasser

Les redditions de travailleurs clandestins étrangers se multiplient ces derniers jours en Arabie saoudite. Le délai de grâce de sept mois accordé aux dizaines de milliers de migrants africains pour régulariser leur situation est terminée. Parmi eux, on trouve une majorité d’Ethiopiens. Les autorités d’Addis-Abeba assurent qu’elles sont prêtes à collaborer pour le rapatriement de leurs ressortissants. Les relations entre les deux pays sont cependant tendues.

Dès la fin de la période de grâce accordée par Ryad aux clandestins travaillant en Arabie saoudite, les autorités éthiopiennes ont voulu se montrer conciliantes en annonçant qu’elles allaient participer au rapatriement de leurs ressortissants. Mais Addis-Abeba n’en condamne pas moins les méthodes jugées violentes de la police saoudienne.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Dina Mufti, dénonce ainsi la mort de trois Ethiopiens dans deux évènements distincts la semaine dernière, et réclame l’ouverture d’une enquête : « Nous avons déjà signifié que tuer des civils innocents est inqualifiable, et nous condamnons ces actes que nous estimons déplorables. L’Arabie est un pays souverain, et a le droit d’expulser qui elle veut, mais nous sommes attentifs à ce que ces rapatriements soient ordonnés, et que les droits de l’homme soient protégés. Nous avons aussi déployé une force pour prendre soin de nos concitoyens, les enregistrer, et éventuellement les ramener chez eux. Il est pour le moment très difficile de savoir combien ils sont, mais un grand nombre se fait répertorier. »

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Suite aux violences de samedi, la plupart des clandestins n’essaient en effet plus de se cacher, préférant se rendre spontanément dans les centres de rétention en abandonnant la plupart de leurs biens. Les Ethiopiens peuvent donc aussi aller voir leur représentation diplomatique, mais la logistique pour prendre en charge ces dizaines de milliers de travailleurs s’annonce compliquée à mettre en place et coûteuse.

Addis-Abeba réfléchit encore au moyen de les rapatrier, mais l’enjeu sera surtout de les réinsérer. Car si la croissance économique est soutenue dans le pays, le marché de l’emploi est saturé, raison pour laquelle ils sont autant à tentent leur chance à l’étranger, malgré des conditions de vie souvent pitoyables.