L’armée française se positionne-t-elle pour une intervention en Centrafrique?

Opération militaire française au Mali, le 17 février 2013.
© AFP PHOTO /Pool Pascal Guyot

Un bâtiment de la Marine nationale, le bateau de projection et de commandement (BPC) Dixmude, doit appareiller prochainement de Toulon avec environ 300 soldats à bord pour venir se positionner dans le golfe de Guinée. Ce gros navire amphibie emportera aussi des véhicules et des hélicoptères. Faut-il y voir les prémices d'une intervention en Centrafrique ? A Paris, l'état-major évoque pourtant une mission de routine.

Il n'y a pas d'opération secrète de la France en RCA, assure-t-on à l'état-major des armées à Paris. Après des informations de presse faisant état de l'envoi de commandos parachutistes, l'état-major rappelle que le dispositif français reste inchangé. « Le dispositif Boali, c’est et c’est encore un volume d’environ 400 hommes », confirme le colonel Gilles Jaron, porte-parole des armée.

Pourtant depuis quelques mois, Paris suit avec attention ce qui se passe en République centrafricaine. La France promet des renforts et plaide pour l'adoption d'une résolution des Nations unies qui ouvrirait la voie à une intervention en soutien aux forces africaines. Ces jours-ci, des incidents ont d’ailleurs de nouveau éclaté à Bangui, la capitale. Alors l'armée française est-elle en train de se préparer, en pré-positionnant des forces supplémentaires dans la région ?

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Prochainement c'est un imposant bateau de projection et de commandement (BPC) qui prendra la relève d'un petit aviso dans le golfe de Guinée pour la mission Corymbe. Il emportera 300 soldats. « Et nous profitons du départ du BPC pour mettre en place dans ses soutes, ce qu’on appelle une réserve opérationnelle embarquée », détaille le colonel Gilles Jaron.

Seuls deux hélicoptères Gazelle devraient être embarqués dans le BPC. Le bâtiment emportera aussi des véhicules. Et, depuis le port de Douala, Bangui est à 1 400 kilomètres. Les militaires français connaissent bien la route, car c'est par le Cameroun qu'ils étaient passés durant l'opération Eufor Tchad-RCA en 2008.

Le «Dixmude» au large du Liban en 2012. © Photo: Simon Ghesquiere / Marine nationale