L'ONU rejette la demande des Africains de suspendre des procès de dirigeants kényans

Uhuru Kenyatta, alors vice-Premier ministre, comparaît devant le CPI. La Haye, 8 avril 2011. Il est inculpé de crimes de guerre par le tribunal international.
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Le Conseil de sécurité de l’ONU a rejeté, vendredi 14 novembre, la demande des pays africains de reporter les procès de la Cour pénale internationale au Kenya. Le texte proposé par l’UA a reçu 7 voix pour et 8 abstentions au cours d’une séance très tendue.

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Rarement le Conseil de sécurité aura été aussi divisé. Pour les Africains, les procès de la CPI au Kenya sont une distraction. Ils demandaient de laisser le président kényan s’occuper de la lutte contre le terrorisme après l’attaque des shebabs somaliens.

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L’ambassadeur kényan, Macharia Kamau, voit dans le refus du Conseil une humiliation.
« Le Kenya n’oubliera pas. Les Africains n’oublieront pas. Cette affaire n’est pas terminée. Ce Conseil s’est retiré d’une solution amicale et a causé des dégâts irréparables aux statuts de Rome », a-t-il déclaré.

La Chine, la Russie, le Pakistan et l’Azerbaïdjan ont voté pour, mais tous les autres membres du Conseil se sont abstenus, convaincus que la fronde africaine est dirigée contre la CPI elle-même. Gérard Araud, ambassadeur de France auprès des Nations unies, reproche aux Africains d’avoir voulu une confrontation : « Le choix qui a été fait est celui de la précipitation. Une précipitation inutile et porteuse d’un risque que nous voulons éviter, celui de la confrontation artificielle et dangereuse entre l’Union africaine et le Conseil de sécurité. »

L’Union africaine tiendra une nouvelle réunion avant la fin novembre. En coulisse, certains pays africains font planer la menace d’un retrait de la Cour pénale internationale.

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