France: les fondateurs de l’Arche de Zoé présents lors du procès en appel

Emilie Lelouch, co-fondatrice de l'Arche de Zoé, à sa sortie de la cour d'appel de Paris, le 20 novembre 2013
© AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

Le procès en appel de l'affaire de l'Arche de Zoé s’est ouvert devant la cour d'appel de Paris, ce mercredi 20 novembre 2013. Il porte sur cette affaire d'enlèvement d'enfants survenu au Tchad en 2007, qui avait provoqué une grande émotion en Afrique comme en France. Eric Breteau et Emilie Lelouch, les deux fondateurs de l'association, ne s'étaient pas présentés devant le tribunal en première instance. Cette fois-ci, les deux prévenus seront bien au tribunal.

Eric Breteau et Emilie Lelouch semblent prendre au sérieux la justice française. Installés en Afrique du Sud, ils n’étaient pas venus au premier procès. On les avait vus arriver subitement le jour du délibéré en février dernier. Alors que le juge leur signifiait leur condamnation à deux ans de prison et leur placement immédiat en détention, le couple Breteau-Lelouch avait ricané puis applaudi pour se moquer du tribunal.

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Ce mercredi matin ils ont donc offert un tout autre visage, faisant profil bas et fuyant la presse. Dès le début de l’audience le président de la cour d’appel interpelle Eric Breteau : « Pourquoi avez-vous boycotté cette première instance ? Les conditions d’un procès équitable n’étaient pas réunies », répond le fondateur de l’Arche de Zoé avant d’ajouter : « Aujourd’hui je compte faire la démonstration de innocence ».

Un, peu plus tard, profitant d’une suspension, l’avocat général Etienne Madranges prend les deux prévenus entre quatre yeux : « C’est fini de fanfaronner leur dit-il ? Maintenant vous devez dire la vérité et reconnaître que vous avez fait une connerie », ajoute-il crûment. La scène est étonnante. Eric Breteau et Émilie Lelouch, penauds, baissent les eux puis acquiescent en précisant : « Aujourd’hui, on n’est plus du tout dans le même état d’esprit. Nous ne sommes plus en colère ».

Une rocambolesque affaire

Eric Breteau et Émilie Lelouch avaient été condamnés au Tchad, avant d’être graciés puis jugés en France. L’opération de l’Arche de Zoé avait été arrêtée net le 25 octobre 2007. L’association s’apprêtait à embarquer dans l’est du Tchad 103 enfants dans un avion à destination de la France. Tous ces enfants étaient affublés de faux pansements.

Accusés d’avoir joué sur le désir d’enfants de familles recrutées sur des forums d’Internet liés à l’adoption, Eric Breteau et Emilie Lelouch disaient vouloir sauver des orphelins du Darfour. L’enquête, notamment celle menée par l’Unicef, a révélé que ces enfants étaient tchadiens et qu’ils avaient au moins un parent en vie. L’instruction a également fait apparaître que le couple Breteau-Lelouch avait menti aux familles tchadiennes, promettant aux parents d’offrir à leurs enfants une éducation dans la ville d’Abéché au Tchad, sans leur dire qu’ils avaient en fait, planifié un voyage sans retour vers la France.

Ce fait, Eric Breteau et Emilie Lelouch comptent bien le contester devant la Cour d’appel. Ils sont toujours persuadés qu’il s’agissait bien d’orphelins du Darfour. Cet entêtement à ne pas admettre la réalité pourrait une nouvelle fois leur coûter cher.

Jusqu’à 10 ans de prison

Le tribunal correctionnel de Paris les avait déclarés coupables d’escroquerie, exercice illicite de l’activité d’intermédiaire d’adoption et de tentative d’aide à l’entrée ou au séjour de mineurs en situation régulière. Pour ces faits, Eric Breteau et Emilie Lelouch encourent donc dix ans d’emprisonnement.

Leur association l’Arche de Zoé a été dissoute par décision du tribunal correctionnel, une décision aujourd’hui définitive, puisque aucun appel n’a été interjeté. Apprenant cela ce mercredi à l’audience Eric Breteau a visiblement été surpris. « Je pensais aussi avoir fait appel pour ça », s’est-il exclamé. « Trop tard », a rétorqué du tac au tac le président de la cour d’appel.

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