Un militant de la cause environnementale, à Varsovie, en marge de la 19e conférence des Nations unies sur le changement climatique.
© REUTERS/Kacper Pempel

La conférence des Nations unies sur le climat doit se terminer ce vendredi soir à Varsovie, après 15 jours de négociations entre les représentants de 195 pays. Les ministres sont arrivés mercredi et le lendemain, jeudi, les ONG ont claqué la porte des négociations pour protester contre la lenteur et la difficulté des discussions.

Avec notre envoyée spéciale à Varsovie,Anne-Cécile Bras

Après le fracassant départ des ONG, jeudi à la mi-journée, les négociateurs ont discuté toute la nuit pour proposer ce vendredi matin un texte qui devrait poser les bases de l’accord de Varsovie. L’objectif est de parvenir à mettre sur la table une feuille de route qui permettra à tous les pays du monde de trouver un accord en 2015 pour limiter le réchauffement du climat de la planète. Mais les clivages sont encore nombreux.

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Sur le financement tout d’abord : les pays en voie de développement ont obtenu jeudi que 100 millions de dollars soient versés - essentiellement par les pays européens - sur le fond d’adaptation pour les aider à faire face aux conséquences des changements climatiques. « C’est un minimum », selon Seyni Nafo, le porte-parole du groupe Afrique. Mais qu’en est-il des 100 milliards de dollars annuels promis depuis 2009 pour alimenter le fonds vert ? Le chiffre est dans le texte. Mais la question de savoir qui versera quoi, et quand, reste ouverte.

Clivage entre pays industrialisés et pays en voie de développement

Pour que la conférence de Varsovie soit une rampe de lancement pour l’accord de 2015 à Paris, il faut aussi que l’ensemble des pays s’engage à mettre sur la table leurs ambitions de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Tout le monde est d’accord sur le principe. Mais il n’y a ni calendrier, ni critères arrêtés.

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Le clivage historique entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement sur la responsabilité des changements climatiques fige les positions. Car si tous les pays ont conscience qu’il est urgent d’agir, la coalition des BASIC - qui regroupe le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Inde et Chine - a réaffirmé très clairement qu’elle n’accepterait pas un accord au rabais et a demandé aux pays industrialisés de cesser de leur faire la leçon, alors qu’eux même ne tenaient pas leurs engagements.

L’un des points de crispation est le financement dédié à aider les pays en développement à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, mais aussi à les aider à s’adapter aux conséquences des changements climatiques qui commencent à se faire sentir dans leurs pays.

Naderev Sano (c.), chef de la délégation des Philippines, continue le jeûne qu'il a amorcé au début de la conférence des Nations unies sur le changement climatique. Il a affirmé ne vouloir la cesser qu'en cas de «résultats significatifs». © REUTERS/Kacper Pempel

Le choc du typhon Haiyan qui a ravagé les Philippines à la veille de l’ouverture de la conférence climat a secoué les consciences et alimenté la revendication des pays africains et des petites îles du Pacifique d’obtenir des financements spécifiques pour les « pertes et les dommages » que leurs pays subissent à cause des changements climatiques. L’accroissement des sécheresses et des inondations, la hausse du niveau de la mer menacent leur sécurité alimentaire et leur développement. Or, ce ne sont pas eux qui ont émis les émissions de gaz à effet de serre responsables de ces catastrophes.

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L’enjeu est de taille. Selon la banque mondiale, les pertes dues aux catastrophes naturelles se chiffrent à près de 200 milliards de dollars par an depuis dix ans, c’est quatre fois plus que dans les années 1980.

Depuis 2010, les pays en développement réclament donc la création d’un mécanisme de financement spécifiquement dédié à leur dédommagement. « Impossible », répondent les pays industrialisés, notamment les Etats-Unis, qui affirment qu’il existe déjà une large variété de mécanismes d’assurance pour les catastrophes naturelles, qu’elles soient climatiques ou non. Le sujet fait partie des points de crispation que cette dernière journée de négociations va peut-être parvenir à résoudre.

Jusqu’où iront les concessions des uns et des autres ? C’est tout l’enjeu de cette dernière journée.

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