Comparution devant la CPI de l'ex-vice-président congolais Bemba et deux de ses proches

Jean-Pierre Bemba devant la CPI le 27 novembre 2013.
© REUTERS/Peter Dejong

On les accuse d'appartenir à un réseau visant à produire des documents faux ou falsifiés et à corrompre des témoins dans le cadre de la défense de Jean-Pierre Bemba devant la CPI. Sur mandat de la Cour, 4 personnes ont été arrêtées en Europe et en RDC, le week-end dernier. Me Aimé Kilolo, avocat de Jean-Pierre Bemba, a été interpellé à l'aéroport de Bruxelles. Fidèle Babala Wandu, député MLC a été arrêté chez lui à Kinshasa dans la nuit de samedi à dimanche. Tous deux comparaissaient avec Jean-Pierre Bemba lors d'une audience initiale ce mercredi 27 novembre à La Haye.

« Production d'éléments de preuves faux ou falsifiés, subornation de témoin. » Une fois les charges énoncées par la greffière, le juge Tarfusser invite les accusés à s'exprimer. Jean-Pierre Bemba parle le premier et revient sur les documents incriminés : « En ce qui concerne ce fameux document, cela fait l'objet de discussions et de débats. Et nous avons eu l'occasion de challenger ces documents et de montrer leur véracité. »

Il a quelques jours encore, il dirigeait la défense de Jean Pierre Bemba. Me Aimé Kilolo, déplore désormais le recours d'un mandat d'arrêt à son encontre. Une simple citation à comparaitre aurait suffi dit-il.

Concernant les accusations de subornation de témoins et de falsification de preuves, Me Kilolo y voit une manœuvre du bureau du procureur : « La procédure, à laquelle le bureau du procureur a eu recours, a aussi pour conséquence en réalité de porter atteinte au travail d'une défense qui se faisait dans le cadre de l'affaire principale qui elle est déjà pratiquement à sa fin. »

Et puis il y a le cas du député MLC, Fidèle Babala Wandu. Lui dénonce les conditions de son arrestation à Kinshasa dans la nuit de samedi à dimanche : « A 2h40 du matin, avec 30 policiers, ma maison a été forcé et mes enfants traumatisés. Je me demande honnêtement si c'est cela le respect des règles de procédure. »

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« Lorsqu'un Etat coopère avec la Cour nous ne pouvons pas influer sur la façon dont cette coopération est effectuée » répond le Juge. Prochaine étape le 4 décembre. Le magistrat affinera son calendrier pour la suite de la procédure.

Les deux autres suspects Magenda Kabongo, membre de la défense et Narcisse Arido, un témoin de la défense dans l'affaire Bemba , arrêtés respectivement aux Pays Bas et en France attendaient d'être transférés à la CPI.