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Tervuren: du musée colonial à l’Afrique d’aujourd’hui

media L’éléphant de Tervuren, connu de tous les enfants belges, déménage au musée de Malines le temps des travaux. Sébastien Jédor / RFI

C’est le plus grand musée du monde consacré à l’Afrique, et il avait besoin de faire peau neuve. Le Musée royal de l’Afrique centrale, à Tervuren (Belgique), a fermé ses portes le 1er décembre 2013. Il rouvrira en 2017, après des travaux colossaux qui doivent permettre de mieux intégrer l’Afrique actuelle aux collections amassées pendant la colonisation.

Le « L » de Léopold II est fièrement sculpté au sommet de chaque colonne de ce bâtiment grandiose, situé en lisière d’une forêt du Brabant wallon, à une quinzaine de kilomètres de Bruxelles. Le roi des Belges avait fait de l’Afrique centrale sa propriété privée, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Et si le monarque, décédé en décembre 1909, ne verra pas l’inauguration du musée en 1910, tout, dans ce palais, démontre sa volonté de « faire de la petite Belgique la rivale des grandes puissances voisines, la France et les Pays-Bas », rappelle Patricia Van Schuylenbergh, docteur en histoire et chercheuse à la section du Temps colonial. Les travaux ont d’ailleurs été payés par la Fondation de la Couronne, qui exploitait le domaine privé royal en Afrique centrale.

Dans le hall d’entrée couvert de marbre, sous la grande coupole, des statues de missionnaires incarnent le paternalisme de la colonisation belge. Paternalisme qui se doublait d’une soif de connaissance inextinguible. À partir de 1910, tous les objets issus du Congo belge qui n’étaient pas affectés à un autre établissement devaient revenir au musée de Tervuren… lequel se remplit des caves aux greniers. Aujourd’hui, l’établissement, qui est aussi un centre de recherche, compte 1,2 million de squelettes de vertébrés, 6 millions d’insectes, 20 000 objets paléontologiques, des dizaines de masques, etc. Parmi les « stars » : un éléphant, une girafe, une pirogue de plus de 20 mètres et des dioramas, ces vitrines dans lesquelles les animaux naturalisés sont représentés dans leur milieu d’origine.

De gigantesques réserves

« Ce sont des collections énormes et c’est un immense défi de bien les gérer », reconnaît le directeur du musée Guido Gryseels, qui précise que « moins de 1% des objets est accessible au public ». Le reste est conservé dans de gigantesques réserves où nous guide Julien Volper, conservateur adjoint à la section Ethnographie. Un tiroir s’ouvre sur une collection de … 400 peignes en ivoire. Une armoire renferme plus d’une trentaine de cannes-sceptres sculptées, dans

Les fétiches, « collègues de travail » de Julien Volper, docteur en histoire de l’art. Sébastien Jédor / RFI

une autre habitent des dizaines de fétiches à clous aux pouvoirs surpuissants. « C’est un endroit vraiment magique », glisse le jeune homme de 33 ans pour qui masques et statuettes sont « des collègues de travail ». « Travailler à Tervuren est un rêve de chercheur, ajoute-t-il, car dans ces musées issus de la colonisation, le scientifique a toutes les collections à sa disposition, ainsi que les archives ». Ces courriers, échangés entre le musée et les collectionneurs, se révèlent particulièrement émouvants : tel missionnaire se passionne pour les allume-feux, quand un administrateur colonial dessine avec une incroyable précision des outils agricoles du Congo.

Mais si le musée de Tervuren est riche de son passé, il doit aussi incarner l’Afrique d’aujourd’hui. « Beaucoup de visiteurs issus de la diaspora congolaise viennent ici recoller des morceaux de

Avant les travaux, 99% des collections étaient conservés dans les réserves du musée, à l’image de ces statuettes. Sébastien Jédor / RFI
leur histoire personnelle », témoigne une des guides du service Éducation, Claire Poinas. « Mais quand les jeunes entrent dans ce palais chargé du poids de la colonisation, les réactions sont parfois épidermiques ». À l’issue des travaux, d’un coût de 66 millions d’euros, financés par l’emprunt, les collections seront mieux mises en perspective. Le visiteur passera d’abord par une galerie souterraine, où une exposition relatera l’histoire de la colonisation, avant de déboucher dans la cour du palais. Les espaces dévolus aux collections permanentes seront agrandis et modernisés, à l’exception des vitrines classées monuments historiques. « On ne construit pas un musée sur la nostalgie », résume le directeur Guido Gryseels, qui milite pour la rénovation depuis son entrée en fonction. « Il est grand temps de montrer un autre visage de l’Afrique, conclut le docteur Patricia Van Schuylenbergh. Dans l’histoire, chacun a sa part de vérité ».

 
 
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