«Zulu» exhibe les ingrédients de la violence en Afrique du Sud

Forst Whitaker dans "Zulu" de Jérôme Salle.
© Eskwad Pathé

Les ingrédients du nouveau film de Jérôme Salle qui sort en salles ce mercredi 4 décembre ? Des hommes torturés et mutilés, des enfants cobayes drogués, des femmes et des grands-mères violées et assassinées, et la volonté du pardon qui ne résiste pas à la violence perpétuellement subie. Zulu montre un Forest Whitaker et un Orlando Bloom au sommet de leur art et une Afrique du Sud restée hanté par les fantômes de l’apartheid. Une fiction qui enchaîne des scènes ultraviolentes au service d'un scénario aussi effroyant que réaliste.

Dans l’Afrique du Sud de Zulu, la violence explose littéralement entre Blancs et Noirs, entre riches et pauvres, et entre trafiquants de drogues. En passant, le réalisateur français dresse un portrait saisissant de la société sud-africaine : des townships de Cape Town jusqu’aux quartiers des gangs des Cape Flats.

Les commissions de la vérité et de la réconciliation au cinéma

Le film, d’après le roman Zulu de Caryl Férey, établit sa propre « commission vérité et réconciliation » en écho aux commissions mise en place par le gouvernement après la fin de l’apartheid pour éviter l’engrenage de la vengeance. Jérôme Salle voulait faire un « vrai film sud-africain » pour un public sud-africain, avec une sensibilité et des acteurs  sud-africains, à l’exception des rôles-titres assurés par Forest Whitaker et Orlando Bloom.

Le subconscient sud-africain

En effet, le scénario de Zulu ratisse large dans le subconscient sud-africain et joue avec les douleurs toujours présentes, issues de l’apartheid : les inégalités et l’injustice y sont omniprésentes, comme le processus de la réconciliation qui y fait l’impasse en donnant carte blanche à un Blanc resté raciste. Jérôme Salle montre aussi le jeu pervers d’un industriel afrikaner qui – grâce à l’amnistie – peut perpétuer sa haine et ses expérimentations pharmaceutiques aussi lucratives que cruelles et mortelles contre les Noirs. Du début jusqu’à la fin, ce sont toutes les couches de la société qui se déchirent au grand écran au détriment d’une réconciliation acclamée par la politique. Le plus cruel du film ? Les propos sonnent juste.

→ A lire :L'Afrique du Sud se déchire au cinéma

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