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Benoit Kalasa: «Le mariage précoce est une violation des droits fondamentaux»

media Benoit Kalasa. DR

Comment arrêter le scandale des mères-enfants, ces deux millions de fillettes de moins de quinze ans qui, tous les ans, mettent un enfant au monde ? C'est le combat d'un démographe congolais, Benoit Kalasa. Depuis un an, cet ancien professeur de l'université de Kinshasa dirige à Dakar le bureau pour l'Afrique de l'Ouest du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et il est l’invité de Christophe Boisbouvier.

RFI : le mariage précoce, pourquoi est-ce un fléau ?

Benoit Kalasa : Le mariage précoce est un fléau pour ses conséquences sur la jeune fille, parce que cela concerne des enfants de moins de 14 ans, de moins de 18 ans. Dans certains pays, à neuf ans, on oblige une jeune fille à jouer à l’adulte. Déjà socialement, c’est une représentation qu’on n’arrive pas à se faire. De deux, c’est quand même une violation des droits fondamentaux. Aujourd’hui, il y a un concept qui n’est pas très utilisé quand on se réfère au mariage précoce, c’est la « violence basée sur le genre », entre la jeune fille et le jeune homme. On traite différemment une jeune fille par rapport à un garçon. Donc, cela entraine un problème social, un problème de droits et de violence.

Le dernier rapport du fonds des Nations unies pour la population est édifiant. Il nous dit que, chaque année, il y a deux millions de nouvelles mamans qui ont moins de 15 ans. Et sur ces deux millions, combien sont en Afrique ?

On va prendre le pourcentage. Globalement, dans le monde, 95 % de ces mariages précoces surviennent en Afrique.

► A (RE)ECOUTER : Dire non au mariage forcé. Le combat des femmes de l’Extrême-nord du Cameroun (Grand Reportage du 25 novembre 2013)

Est-ce qu’une adolescente qui accouche à 13 ou 14 ans a encore un avenir ?

Non, c’est le problème. Normalement, la conséquence est plutôt négative pour ces jeunes filles, compte tenu des multiples risques. La conséquence immédiate, si elle était à l’école, c’est qu’elle ne va plus aller à l’école, il faut qu’elle s’occupe de son bébé.

Deux, elle court des risques de santé très élevés. Le premier risque c’est de décéder, parce que physiquement, physiologiquement, son corps n’est pas encore prêt pour accueillir l’enfant, poursuivre une grossesse et accoucher normalement. Quand il y a des difficultés d’accouchement, dans des circonstances normales, il y a la prise en charge avec les césariennes. Or, on sait que la couverture des césariennes est très faible. Donc ça va être un travail prolongé qui aura pour conséquence de détruire le corps de l’enfant et pour conséquence des fistules obstétricales.

Pouvez-vous expliquer ce que sont les fistules obstétricales ?

Les fistules obstétricales sont la conséquence du travail lié à l’accouchement. Quand l’enfant sort par le vagin de la femme, cela peut endommager plus ou moins fortement les membranes qui séparent ce conduit avec celui de la vessie ou de l’anus, ce qui rend la femme incontinente. Conséquence : socialement, il y a une exclusion, elle est rejetée de la maison, rejetée du mariage, rejetée de la communauté et là ça a un impact psychologique sur l’enfant. Il y a beaucoup de jeunes filles qui tombent malades psychologiquement, qui sont déclarées folles, par la même société qui les a mises dans cette situation de risque et qui les rejette socialement.

► WEBDOC : Les survivantes, mutilées en donnant la vie

La plupart de ces mères-enfants ne font pas ce bébé à l’insu de leurs parents, mais au contraire sous la pression de leurs parents ?

Ce sont des mariages qui sont socialement acceptés, socialement organisés. Prenons le cas de l’Ethiopie, où ce phénomène est très courant. Il y a des hommes qui disent : « Je prends cette fille en mariage, mais je la garde d’abord, j’attends qu’elle soit physiologiquement prête pour le mariage. » Et il y en a qui ne le font pas. Nous sommes en train d’avoir des programmes de lutte contre ce phénomène de mariage précoce. Une expérience que nous avons par exemple au Niger, c’est ce que nous appelons « l’école des maris ».

► A (RE)ECOUTER : Soudan du Sud : mariage précoce et forcé et Soudan du Sud : le poids de la dot (Grands Reportages des 21 et 22 août 2013)

La solution de ce problème ne peut et ne pourra se faire qu’avec l’implication des garçons et des hommes. Changement d’attitude et changement de comportement, les hommes ont la décision de prendre cette femme-là, la décision de marier leur fille. C’est une responsabilité assez importante au niveau des sociétés. Et là, ça marche, il y a des communautés, maintenant, qui déclarent ne pas vouloir marier leurs enfants avant 18 ans. Il y a des hommes qui prennent la décision d’amener leur femme au centre de santé. Il y a des hommes qui appuient la décision de la pratique de planification familiale au sein de leur couple. Donc, voilà un peu une combinaison des décisions qui peuvent constituer des solutions de long terme à ce type de fléau.

Y-a-t-il des traditions culturelles ou religieuses qui poussent au mariage précoce ?

Certainement, il y a des traditions, parce que la prévalence de ce phénomène n’est pas la même partout. Au sein d’un même pays, il y a des différences. Il y a un problème commun, un problème de fond, qui est la pauvreté.

Quand vous dîtes la pauvreté, est-ce parce qu’un homme ou une femme va marier sa fille pour la dote ?

Pour la dote, mais aussi pour avoir une bouche en moins dont on s’occupe.

Vous dîtes que, dans certains pays, il y a des régions où cela se fait et d’autres où cela ne se fait pas. A quoi tient cette différence ?

Cela tient à la tradition, et ce n’est pas lié à une religion. On pense que c’est la religion musulmane qui le fait. Je vous ai parlé du cas de l’Ethiopie, ce sont des orthodoxes, donc ce sont des régions chrétiennes.

Et c’est un phénomène qui existe aussi bien au village que dans les quartiers des grandes villes ?

Ça s’exporte ! Par exemple, les mutilations génitales, c’est quelque chose qui se pratique aussi bien en ville qu’à la campagne et peut-être même à l’étranger. Les familles quand elles émigrent, continuent à avoir les mêmes pratiques.

Et le phénomène sévit-il aussi bien en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique centrale ?

Un peu moins en Afrique centrale qu’en Afrique de l’Ouest ou en Afrique de l’Est. Dans nos pays, nous nous plaignons du manque de capital humain et on ne peut pas se permettre que à nos jeunes filles - qui constituent une grande majorité parmi les adolescents - de ne pas aller à l’école, de ne pas apprendre un métier et de ne pas contribuer à la création de la richesse dans le pays.

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