Le sommet de l'Elysée célèbre la vision de Hollande pour les relations entre Afrique et France

Du discours de Dakar, l'an passé, où il proclamait la fin de la Françafrique, au sommet de l'Elysée ce week-end, il y a une cohérence dans la politique africaine de François Hollande.
© Pierre René-Worms/RFI

Pour François Hollande, c'est un sommet exceptionnel qui s'est terminé samedi 7 décembre. Un sommet qui se termine par des décisions « exceptionnelles ». Sur les trois thèmes de cette réunion, sécurité, développement et climat. Pas de surprise, mais quelques annonces, déjà communiquées vendredi, et réaffirmées en conclusion de ce sommet.

C'est le principe qui a été affirmé et répété pendant ces deux jours : l'Afrique doit assurer sa sécurité elle-même. Pour intervenir vite et efficacement, face aux menaces, elle doit être dotée d'une force de réaction rapide. C'est sur ce vieux projet, qui a reçu l'adhésion de tous les pays participant, que l'accent a été mis durant ce sommet. Tous veulent croire qu'elle pourra voir le jour en 2015.

La France soutient cette force africaine et se dit prête à former, encadrer et équiper des soldats africains. Vingt mille soldats africains pourraient être entraînés par la France par an, propose Paris, qui espère que l'Europe sera solidaire. Réponse lors du prochain conseil européen les 19 et 20 décembre, qui doit aborder les questions de défense.

Ne pas oublier les échanges économiques 

En matière de développement et d'économie, la France et l'Afrique ont affirmé à Paris leur volonté d'accroître leurs échanges commerciaux. Paris souhaite qu'ils soient multipliés par deux d'ici cinq ans.

Enfin, pour lutter contre les dérèglements climatiques, les chefs d'Etats présents ont appelé à une alliance entre l'Afrique et l'Europe pour réussir la Conférence sur le climat qui doit se tenir à Paris 2015.

« Nous avons une obligation de succès », a répété François Hollande, rappelant que l'Afrique était le continent le plus vulnérable... et le moins polluant en termes d'émissions de gaz à effet de serre.

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La conférence de presse finale du Sommet de l'Elysée, qui s'est tenu à Paris le 6 et le 7 décembre, sous les ors de la République.. © RFI / Pierre René-Worms

La France « leader » de François Hollande en Afrique

Un sommet exceptionnel, dans des circonstances exceptionnelles, avec des décisions exceptionnelles... François Hollande n'a pas manqué de se gargariser à l'issue du sommet de l'Elysée. Encouragé, d'ailleurs, par le président sénégalais, pour qui il faut « magnifier » le rôle de la France. Une France « précurseur et leader », selon le président de l'Union européenne.

A leurs côtés, François Hollande savoure. Du discours de Dakar, l'an passé, où il proclamait la fin de la Françafrique, au sommet de l'Elysée ce week-end, il y a une cohérence dans la politique africaine de François Hollande. Une cohérence que les Français ne perçoivent pas toujours forcément en politique intérieure.

Au Mali comme en Centrafrique, le chef de l'Etat est intervenu non pour défendre un dictateur, ou des intérêts économiques, mais au nom des valeurs (lutter contre le terrorisme ou tout simplement sauver des vies humaines).

A l'heure où les Français redoutent le déclin de leur pays, les scènes de liesse au passage de l'armée française, hier au Mali et aujourd'hui en Centrafrique, entretiennent aussi le mythe de la grandeur de la France. Puissance moyenne à l'échelle de la planète, la France de François Hollande reste une grande puissance en Afrique.