Centrafrique: l’espoir, malgré tout

A l'intérieur de l'église Saint-Paul de Bangui.
© REUTERS/Emmanuel Braun

En Centrafrique, les forces françaises ont pris position dans le centre de Bangui. Des véhicules de transport blindés français (VAB) ont été déployés sur les grandes artères et des soldats effectuaient en plusieurs points de la ville des opérations de contrôle et de désarmement sous l’œil attentif de la foule. Mais, à la suite du désarmement de certains combattants restés en ville, la foule s’est laissée emporter par le désir de vengeance dans certains quartiers. Des combattants ex-Seleka ont été tués. Parfois leur famille a été inquiétée, et les populations musulmanes voient monter avec angoisse un discours de haine qui les pointe du doigt. Les populations chrétiennes qui ont fui les exactions, elles, se sont réfugiées dans les églises et notamment sur le site de Saint-Paul. Et même si le désarmement a commencé, ces populations ne se disent pas encore prêtes à rentrer chez elles.

Ils sont des milliers à avoir envahi depuis jeudi dernier, le 5 décembre, les cours de Saint-Paul. Comme à Bossangoa, les chrétiens du 7e arrondissement de Bangui sont venus chercher refuge sur les terrains de l’Eglise catholique. Sœur Annette est l’une des religieuses qui a vu arriver cette foule apeurée : « En ce moment, on a vraiment du monde et on a essayé de donner juste de l’eau, mais à manger c’est un problème. Il n’y a pas assez de toilettes, il y a les problèmes d’hygiène qui vont se poser. Il ne faut pas que ça dure parce que si ça dure, on ne sait pas quoi faire ».

Les familles se sont installées sur des nattes, qui couvrent une partie des jardins. A leurs côtés, du linge sèche étendu sur le sol. Un marché a été improvisé dans la cour de la paroisse. Des femmes pilent et préparent, ici ou là, le repas dans des marmites fumantes.

« On a peur »

Les enfants courent dans la boue. Certains jouent et chantent. Mais pour beaucoup de parents, il n’est pas encore question de rentrer à la maison : « On ne nous a pas encore précisé clairement s’ils sont déjà désarmés. Aujourd’hui on ne peut pas se décider pour mettre la vie des enfants en jeu, parce qu’ils tuent les enfants, ils tuent les femmes, ils tuent tout le monde, ils ne choisissent pas. On a peur ».

Les prêtres et les religieuses appellent la communauté humanitaire à l’aide pour subvenir aux besoins de ces populations et donnent un signe d’espoir : dans ce grand désordre, trois bébés ont tout de même réussi à naître.

Militaire français dans les rues de bangui, le 8 décembre. © REUTERS/Emmanuel Braun

En RCA, la phase de désarmement des milices suscite un nouveau pic de tensions dans la capitale. Hier après-midi, l'armée française a dû effectuer des tirs de semonces ; l'un de ses véhicules a essuyé des jets de pierre.

L'armée française est à la recherche des armes des milices.

A Bangui, la tension reste vive
10-12-2013 - Par RFI


■ Mise en place d'un pont aérien humanitaire

La Commission européenne organise un pont aérien entre Douala, au Cameroun, et Bangui, pour appuyer les opérations humanitaires en Centrafrique. Un appareil avec une capacité de 50 passagers ou cinq tonnes de fret est mis à disposition pour acheminer des biens humanitaires ainsi que du personnel dans le pays. Le premier vol a été effectué, lundi.

Les acteurs humanitaires qui sont basés à Bangui ont un vrai problème pour se rendre dans le pays que pour en sortir.

Kim Eling
10-12-2013 - Par Boniface Vignon

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