France: l’intervention militaire en RCA questionne les parlementaires

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault face à l'Assemblée nationale, le 4 septembre 2013.
© REUTERS/Charles Platiau

Après avoir obtenu le feu vert de l'ONU, la France a déployé 1 600 militaires en Centrafrique, en appui à la force africaine présente sur place, la Misca qui comprend 2 500 soldats. Deux soldats français ont été tués au cours d'un accrochage dans la nuit de lundi à mardi à Bangui, les premiers à tomber en Centrafrique depuis le déclenchement de l'opération Sangaris, a-t-on appris auprès de la présidence française. François Hollande, le chef de l’Etat, s'est rendu, ce mardi 10 décembre au soir, dans la capitale centrafricaine.

François Hollande est arrivé en début de soirée à l'aéroport de Bangui où se trouve la base des forces françaises et va rester quelques heures en Centrafrique. Son programme, confie une source diplomatique n'est pas arrêté, mais il devrait s'entretenir avec les responsables de l'armée à Bangui.

Questions

Au 5e jour de l'opération Sangaris, le consensus national sur l'intervention est loin d'être aussi fort que lors de la guerre au Mali. Personne aujourd'hui parmi les parlementaires français ne remet en cause l'objectif affiché : la sécurisation du pays. Mais ils sont nombreux à poser des questions sur la mise en œuvre de l'intervention. Pour le président du groupe UMP à l'Assemblée, reçu à Matignon ce mardi matin : « Il y a un certain nombre d'inquiétudes : la durée de cette intervention, l'isolement de la France sur le terrain, les moyens de financement... ». Et, poursuit Christian Jacob, « six mois d’intervention, ça n’est pas réaliste ».

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A l'autre bout de l'échiquier politique on fait part de ses doutes depuis l'annonce de l'opération Sangaris. Le chef de file des députés du Front de gauche, André Chassaigne l'a donc redit à la sortie de sa rencontre avec le Premier ministre. Il ressent « une forme de malaise » parce que « la France intervient encore une fois seule et risque d'apparaître aux yeux du monde comme étant le gendarme de l'Afrique ». Le député écologiste François de Rugy a exprimé ses craintes que l'intervention française ne s'enlise et qu'elle nécessite des troupes supplémentaires. « Quel est le volume de forces françaises qui va être mobilisé ? On a vu que cela avait déjà évolué de 1 200 à 1 600 hommes », a-t-il constaté.

« Débat sans vote »

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est efforcé de son côté de rassurer les parlementaires sur la durée et les chances de réussite de l'intervention française en Centrafrique. « L'information de la représentation nationale se poursuivra cet après-midi, avec la tenue d'un débat sans vote sur la situation en RCA, à l'Assemblée nationale et au Sénat », ont indiqué dans un communiqué les services du Premier ministre qui se sont félicités de « la large communauté de vues » des parlementaires reçus à Matignon.

Il faudra aussi, et c’est la détermination de la France, que la transition politique soit menée à son terme. Trop longtemps, la République centrafricaine a été ballotée au gré des pouvoirs faibles, d’une gouvernance défaillante et de l’ingérence d’acteurs extérieurs. Notre volonté, c’est de tourner cette page.

Jean-Marc Ayrault
10-12-2013 - Par Anissa El Jabri

Le président malien « félicite » la France

Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, a tenu à féliciter la France et le président François Hollande pour l'intervention en Centrafrique. Ibrahim Boubacar Keïta qui, lui, n'était pas à Johannesburg aujourd'hui, était à Strasbourg, dans l’est de la France, où il a également pris la parole devant les députés européens.

Je veux féliciter François Hollande pour cette décision courageuse qu’il a prise pour stopper le carnage en Afrique centrale.

Ibrahim Boubacar Keïta
10-12-2013 - Par RFI

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