François Hollande: la mission en Centrafrique est «dangereuse mais nécessaire»

Le président français François Hollande (c.), Laurent Fabius le ministre des Affaires étrangères et Christiane Taubira, la ministre de la Justice (dr.) à la cérémonie en l'honneur des deux soldats français tués à Bangui le 9 décembre 2013.
© RFI

Le président de la République française est arrivé en Centrafrique ce mardi 10 décembre au soir, accompagné du chef de la diplomatie, Laurent Fabius. La mission en Centrafrique est « dangereuse mais nécessaire si l'on veut éviter qu'un carnage se produise ». Ce sont les premiers mots qu'a prononcés François Hollande à son arrivée sur place. Le chef de l'Etat français s'est par ailleurs recueilli devant les cercueils des deux soldats français tués cette nuit près de l'aéroport de Bangui.

Le président français a tenu à venir à Bangui au retour de Johannesburg où il assistait aux cérémonies d'hommage à Nelson Mandela. Il est arrivé vers 19 h 15, heure locale, à l'aéroport de Bangui où se trouve la base des forces françaises.

Dès son arrivée, François Hollande s'est recueilli devant les cercueils des deux militaires tués la nuit dernière alors qu'ils intervenaient en opération de désarmement des groupes armés dans la capitale. Ces deux membres du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine étaient âgés de 22 et 23 ans.

Ici même à Bangui, près de 400 personnes ont été tuées en deux jours la semaine dernière et le bilan n'est sans doute pas complet. Depuis des semaines, des massacres étaient perpétrés et les affrontements prennent encore une dimension religieuse avec le risque d'aboutir à une guerre civile.
François Hollande devant les militaires français de Sangaris
11-12-2013 - Par RFI


« La mission française reste la même », a indiqué François Hollande à son arrivée. La mission est « dangereuse, on le sait, mais elle est nécessaire pour éviter un carnage », a-t-il souligné.

Il est 23 h 30 lundi soir lorsqu'une patrouille française qui surveillait les abords de l'aéroport a essuyé des tirs provenant d'un groupe non identifié. Deux soldats français sont touchés. Transporté à l'antenne chirugicale, ils décèdent peu après leur arrivée. Ce sont les deux premiers morts français de l'opération Sangaris. Le colonel Gilles Jaron revient sur les circonstances de ce drame.

La section menait des missions très classiques.
Colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état-major
11-12-2013 - Par Olivier Rogez

1 600 militaires en appui

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui est venu soutenir cette opération Sangaris devant les députés français ce mardi 10 décembre, a estimé que cette intervention française en Centrafrique était urgente et nécessaire pour éviter une « tragédie humaine » dans un pays en déshérence.

La France a déployé 1 600 militaires en appui à la force internationale largement africaines, la Misca. Les troupes françaises proviennent majoritairement de forces parachutistes. Elles sont déployées surtout à Bangui pour l'instant mais également dans l'ouest du pays.