Portugal : arrivée de 74 réfugiés syriens réclamant l'asile politique

Des civils syriens marchent vers la frontière turque, le 22 octobre.
© REUTERS/Loubna Mrie

Au Portugal, 74 réfugiés syriens qui réclament l'asile politique sont arrivés mardi 10 décembre à Lisbonne. Ils étaient à bord d'un vol en provenance de Guinée-Bissau.

Avec notre correspondante à Lisbonne, Marie-Line Darcy

Ce sont les faux passeports dont étaient munis les 74 Syriens qui ont alerté le service des étrangers à Lisbonne, des passeports turcs d’aspect litigieux. Les Syriens sont arrivés mardi à Lisbonne, vers 6h du matin, à bord d’un avion de la compagnie portugaise TAP en provenance de Bissau, la capitale de la Guinée-Bissau.

Le groupe, qui comprend 21 enfants, 15 femmes et 38 hommes, a voyagé dans des conditions inconnues de la Syrie jusqu’à Casablanca, au Maroc, avant de rejoindre la Guinée-Bissau. Les autorités de l’ancienne colonie portugaise auraient fait pression sur le pilote de la TAP pour qu’il embarque les clandestins, pour ne pas avoir à supporter les frais d’accueil. La Guinée-Bissau a démenti, faisant savoir que les passagers étaient en transit.

Les 74 Syriens vont demander l’asile politique. Le Portugal a déjà sur son sol 70 Syriens, dont certains sont, eux aussi, arrivés par Bissau. C’est le premier groupe de refugiés au Portugal, pour qui la situation est embarrassante. Car les rares centres d’accueil sont surchargés.

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Les 74 clandestins vont être hébergés dans des colonies de vacances en attendant la décision sur leur statut. Cela prendra au moins deux mois. Le Portugal, qui a rappelé ses difficultés économiques, s’est engagé à tout faire pour leur venir en aide.

Teresa Tito Moraïs, présidente du Conseil portugais pour les réfugiés, assure que son organisation « collabore évidemment en ce moment avec les autorités portugaises afin de trouver des solutions pour ce groupe de demandeurs d’asile ».

Teresa Tito Moraïs relate la situation d'une femme en particulier, enceinte et qui présentait des contractions au moment de son arrivée. « Elle a été hospitalisée, assure-t-elle. Il avait été envisagé de procéder à une césarienne, elle a refusé. Là, elle est en observation. Les autres ont pu quitter l’aéroport depuis hier soir. Ils vont être logés pour l’instant dans des centres de la sécurité sociale. »


■ RÉACTION

Antonio Monteiro, directeur des relations publiques de la compagnie portugaise TAP, revient sur la décision prise de ne plus desservir Bissau « faute de conditions de sécurité normales ».

« Ce qu'il s’est passé, c’est que les autorités bissau-guinéennes ont insisté pour que l’embarquement se fasse avec ces passagers qui n’avaient pas de documents en ordre. Nous intervenons dans un pays étranger, avec ses règles et modes de fonctionnement, il était donc évident qu’il fallait se plier aux décisions prises par les autorités locales.

On a réagi comme on a pu, mais faute de conditions de sécurité normales, nous ne pouvons plus desservir cette destination. Cela n’a pas été une décision facile à prendre. Nous espérons obtenir rapidement des garanties afin que cette desserte puisse être assurée en toute normalité et sécurité.

Ce n’est pas facile de trouver des alternatives. Il y a peu de compagnies étrangères à Bissau. Cependant, nous essayons de trouver d’autres solutions afin que les passagers devant emprunter absolument cette liaison aérienne puissent faire le voyage, même si ça passera par le biais de vols avec escale. »