Des milliers de Sud-Africains se pressent autour du cercueil de Nelson Mandela

Les Sud-Africains se sont massés le long des rues parcourues par le convoi transportant la dépouille de Nelson Mandela, le 11 décembre 2013 à Pretoria.
© REUTERS/Yves Herman

Jusqu’à vendredi, les Sud-Africains vont pouvoir s’incliner devant le cercueil du héros de la lutte anti-apartheid. Il sera amené tous les matins depuis l’hôpital militaire jusqu’à l’Union Buildings, le siège du gouvernement à Pretoria, dans un amphithéâtre en plein air qui porte aujourd’hui son nom. C’est là que 19 ans plus tôt, Nelson Mandela avait prononcé son discours d’investiture, après avoir été élu premier président noir d’Afrique du Sud.

Plusieurs heures d’embouteillages pour entrer dans le centre de Pretoria. Toutes les rues empruntées par le convoi étaient fermées à la circulation. Les policiers et les militaires sur la chaussée, le public derrière des barricades. Et un ballet d’hélicoptères pour surveiller l’avancée. Ils étaient plusieurs milliers à s’être mobilisés. Peut-être pas la haie d’honneur qu’espéraient les autorités.

© REUTERS/Yves Herman

Certains chantaient, d’autres étaient simplement curieux de voir le cercueil recouvert du drapeau sud-africain. A l’arrivée à l’Union Buildings, tout s’est précipité au point que beaucoup ont à peine eu le temps de voir le convoi passer. C’est Mandla, le petit-fils et chef du clan, qui était là pour accueillir la dépouille du héros de la lutte anti-apartheid.

« Le cercueil est arrivé et les motards ont ouvert la voie, raconte une femme venue rendre un dernier hommage à Mandela. Les policiers et les militaires étaient là, le long de la route. Les militaires avaient leurs armes en main, et il y avait une barrière pour empêcher tout le monde de traverser. Quand le corps est passé, on s’est tous mis à chanter ! »

Défilé de personnalités

Plus tard, le président Jacob Zuma et Graça Machel, la dernière épouse de Nelson Mandela, ont été les premiers à se recueillir devant le cercueil, disposé sous une arche à l’abri du soleil et encadré par quatre officiers sud-africains en uniformes blancs, l’épée à la main. Plusieurs centaines de personnalités, parmi lesquelles une dizaine de chefs d’Etat et de gouvernement étrangers - Robert Mugabe, Idriss Deby, Denis Sassou-Nguesso, Jakaya Kikwete ou encore Goodluck Jonathan, ont suivi. Un cercueil à moitié ouvert, avec une vitre en plexiglas derrière laquelle ils pouvaient voir Nelson Mandela, les yeux fermés.

Le cercueil de Nelson Mandela devant l'Union Buildings, le 11 décembre 2013. © REUTERS/SABC

Après les officiels, le public. Des milliers de Sud-Africains ont pu aussi se recueillir devant la dépouille de leur ancien président. Un hommage au pas de course.

« Il fallait qu’on le voie pour pouvoir faire notre deuil, explique une Sud-Africaine. Qu’on puisse enfin comprendre qu’il est mort et qu’on doit continuer à vivre. J’étais à la fois triste et heureuse parce qu’il était vieux et malade. Parfois il faut comprendre que dans la vie, il faut savoir lâcher prise. »

Et pour ceux qui ne pouvaient retenir leurs larmes, une dizaine d’employés de l’Union Buildings leur tendaient des boîtes de mouchoirs. Les autorités estiment que quelque 2000 personnes par heure devraient pouvoir rendre un dernier hommage à Nelson Mandela.

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