Soudan du Sud: violents affrontements à Juba

Vue aérienne d'une partie de Juba, la capitale du Sud-Soudan.
© (CC)/USAID/Wikipédia

Depuis la nuit dernière, des affrontements secouent la capitale sud-soudanaise, Juba. Fusillades nourries, tirs à l'arme lourde, la population reste cloîtrée chez elle. Un certain nombre de civils ont été blessés, mais il n'y a pas de bilan complet pour l'instant. Salva Kiir, le chef de l’Etat, a déclaré ce lundi matin que son armée avait mis fin à une tentative de coup d’Etat, et a décrété un couvre-feu.

En fin de matinée, le président Salva Kiir est apparu en uniforme militaire devant la presse et il a affirmé qu’un coup d’Etat avait été déjoué. Il accuse les soldats fidèles à Riek Machar, le vice-président de l’ethnie Nuer limogé en juillet dernier, d’avoir démarré les hostilités.

Les affrontements ont éclaté vers 22 heures 30 ce dimanche 15 décembre et se sont poursuivis une partie de la nuit dans plusieurs caserne situées notamment près de l'université dans le quartier Altabara C. Ils ont repris un peu avant l'aube jusqu'à 10 heures du matin.

La population reste terrée à domicile

Plusieurs témoins parlent de tirs à l'arme lourde entendus lundi vers le quartier général du SPLA, à Bilpam. Le porte-parole de l'armée, le colonel Philip Aguer affirme que la situation est sous contrôle, mais que 300 éléments hostiles demeuraient aux alentours de Juba. Un chiffre difficile à vérifier,mais à la mi-journée. Des témoins contactés par téléphone entendaient encore des tirs sporadiques.En début de soirée, les réseaux cellulaires ont été coupés à Juba.

Plusieurs personnalités, dont d'anciens ministres, de la mouvance de Riek Machar, l'ancien vice président de l'ethnie Nuer limogé en juillet dernier, auraient été arrêtés.

Les habitants sont terrés chez eux, tous les magasins sont fermés. Selon Joseph Contreras de la mission de l'ONU au Soudan du Sud, environ 800 personnes, principalement des femmes et des enfants se sont réfugiés dans la base qui jouxte l'aéroport.

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Ces combats surviennent dans un contexte de désaccords profonds au sein du parti SPLM, qui ont éclaté au grand jour lorsque le président Salva Kiir avait fin juillet démis de ses fonctions le vice-président Riek Machar, ainsi que le secrétaire général du parti, Pagam Amun.

Ce week-end, ces deux derniers, ainsi que plusieurs hauts dirigeants ont décidé de boycotter le Conseil de libération nationale. Cette première réunion, maintes fois repoussée depuis l'indépendance, vise notamment à réorganiser le parti. Ils accusent Salva Kiir de refuser le dialogue et d'avoir une attitude dictatoriale.

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