L'ancien vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, demande le départ du président Salva Kiir

Riek Machar (notre photo) veut le départ de Salva Kiir.
© (Photo : AFP)

L'ancien vice-président du Soudan du Sud, Riek Machar, s'est exprimé sur RFI et il demande le départ du président Salva Kiir. Le conflit entre les deux hommes date de l'été 2013, après que Salva Kiir eut écarté Riek Machar de la vice-présidence. Dimanche, des combats ont éclaté entre les soldats de la garde présidentielle favorables à Salva Kirr et les élements de Riek Machar. Celui-ci a finalement pris la fuite en compagnie de ses hommes. Alors que des combats ont éclaté dans plusieurs Etats du pays et notamment dans la ville de Bor conquise par les hommes ralliés à Riek Machar, celui-ci vient de nous accorder une interview. Alors que le président se disait prêt a négocier, hier, avec son ancien vice-président, ce dernier vient de lui répondre : il n'est prêt à discuter que d'une chose, le départ de Salva Kiir.→ Sur le même sujet, écoutez l'émission de Nathalie Amar, Décryptage à 18h10 TU et 19h10 TU pour l'Afrique

Nous voulons que Salva Kiir parte, c'est tout. Il ne peut plus maintenir l'unité de notre propre peuple.

Riek Machar, ancien vice-président du Soudan du Sud
19-12-2013 - Par Olivier Rogez

Riek Machar dit vouloir éviter une guerre civile et souhaite privilégier une solution pacifique. Il souhaiterait une « révolution de palais » à Juba qui verrait l'armée, le SPLA renverser le chef de l'Etat. Pour l'instant cela semble très hypothétique. Mais cependant, si le rapport de force parait toujours en faveur du président Kiir,  sur le terrain, ce qui est certain c'est que Riek Machar est loin d'être isolé.

Politiquement, il a le soutien d'une partie de l'armée et vient de rallier l'ancien chef de guerre Peter Gadet dont les hommes ont chassé les militaires favorables à Salva Kiir de la ville de Bor. Il semble aussi que dans au moins cinq Etats sur les dix que compte le pays, des troubles aient commencé.

Clarification du rapport de force

Ce qui risque d'être décisif, c'est l'attitude des militaires dinka, dont certains ne sont plus favorable à Salva Kiir. Et ce qui pourrait se produire dans les prochains jours, c'est la poursuite de ces affrontements jusqu'à la clarification du rapport de force sur le terrain.

Il ne faut pas non plus négliger l'influence des diplomates kényans, éthiopiens et ougandais qui doivent arriver à Juba et qui vont tenter une médiation entre les deux hommes. Ce qui est clair cependant, c'est que Riek Machar n'entend pas se soumetttre et s'il n'obtient pas le départ de Salva Kiir, il pourrait fort bien rééditer l'expérience de 1991, c'est-à-dire prendre le maquis durablement, ce qui déstabiliserait gravement le pays.

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