Amnesty international dénonce des crimes contre l’humanité en Centrafrique

Un élément ex-Seleka lynché par les habitants du quartier Benz Vi à Bangui, ce lundi 9 décembre 2013.
© RFI

En Centrafrique malgré la présence de militaires français et africains censés protéger la population, les violences interreligieuses se poursuivent. Parmi d’autres ONG, Amnesty international dénonce des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les deux parties en conflit. Dans un rapport publié le jeudi 19 décembre à Londres, l’organisation demande à la communauté internationale d’agir plus rapidement.

Amnesty International termine une mission de deux semaines en Centrafrique et prévient que les atrocités sectaires s’intensifient. Ses trois délégués sur place ont reccueilli des témoignages sur les exactions commises depuis que les violences ont éclaté à Bangui le 5 décembre. Ils ont appris que dans certains quartiers, les anti-balaka sont passés de maison en maison et ont tué une soixantaine d’hommes musulmans. En représailles les forces de l’ex-rébellion Seleka ont, elles, assassiné près de 1 000 hommes en deux jours, pillant systématiquement les maisons des civils.

La haine entre Centrafricains

L’un des auteurs de ce rapport, Christian Mukosa appelle donc la communauté internationale à intensifier son action et pas seulement à Bangui : « Les deux jours d'attaque du 5 et 6 décembre ont créé la haine entre les gens : la haine du voisin qui est chrétien, la haine du voisin qui est musulman. Et ça c'est une dimension pas très facile à gérer en terme de sécurité. Nous, notre appel final c'est qu'il faut qu'il y ait une force robuste de maintien de la paix sous les bannières des Nations unies, où tous les pays du monde vont contribuer pour aider à sécuriser la population et à protéger la population en Centrafrique et pas uniquement à Bangui ». Amnesty International, qui appelle aussi les Nations unies à accélérer leur projet de mise en place d’une commission d’enquête pour établir la responsabilité des crimes commis par toutes les parties en conflit et ainsi mettre un terme à l’impunité qui prévaut dans ce pays depuis des décennies.

Une situation « pré-génocidaire »

L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Samantha Power s'est rendu hier en Centrafrique, le jour où la mission Misca, mandatée par l'ONU, a pris le relais des forces africaines Fomac pour sécuriser le pays. La visite de Samantha Power visait notamment à pousser les dirigeants du pays à mettre fin aux violences. Washington s'inquiète fortement de la dégradation de la situation avec la flambée de violences entre anti-balaka et ex-seleka, avec des règlements de compte entre chrétiens et musulmans. C'est une situation « pré-génocidaire » avait déclaré il y a quelques jours l'administration américaine. L'ambassadrice s'est rendue dans un hôpital où sont soignées des victimes. Elle a rencontré des leaders religieux, mais elle a également eu un entretien avec le président centrafricain Michel Djotodia, l'ancien chef de la Seleka arrivé à la tête du pays lors du coup d'Etat de mars dernier. Elle lui a bien fait comprendre que les crimes commis en Centrafrique ne devaient pas rester impunis
 

Les événements qui nous ont conduit à cette situation sont connus. Le rôle de la milice Seleka, celui de Michel Djotodia, tout cela est parfaitement documenté et chacun sait ce qui s'est passé. De nombreux membres de la Seleka se sont rendus coupables d'actes horribles. J'ajouterai que les forces anti-balaka qui se sont formées pour s'opposer à la Seleka, ces groupes ont également commis des atrocités. Donc nous avons bien fait comprendre au président Djotodia que pour nous, il est très important que les responsables de ces exactions rendent des comptes.

Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU
20-12-2013 - Par Sébastien Nemeth

Le HCR constate un afflux de réfugiés centrafricains au nord du Congo

Reportage dans la région de la Likouala au nord du Congo
20-12-2013 - Par RFI

Suite à la situation sécuritaire que connaît la République centrafricaine, au moins 11 000 personnes ont dû traverser la frontière pour gagner la région de la Likouala au nord du Congo. Elles vivent pour la plupart dans des familles d'accueil, selon le HCR qui leur apporte assistance et estime que leur situation est « acceptable » pour l'heure. La plupart sont des femmes et des enfants, logés dans des familles.

 

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