Niger: faible mobilisation lors de la manifestation contre Areva

L'entrée du site d'Areva à Arlit, au Niger.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi 21 décembre, à Niamey, au Niger, pour protester contre le partenariat entre le groupe nucléaire français Areva et l'Etat nigérien. Un partenariat défavorable, selon eux, à la population nigérienne. La manifestation n’a pas donné les résultats escomptés en termes de mobilisation. Aucun débordement n'a été constaté : les forces de l’ordre veillaient au grain.

C’est par la lecture de mémorandum intitulé Respecterez la souveraineté du peuple nigérien qu’a pris fin la marche organisée par le réseau des organisations de la société civile en matière d’extraction minière. Les quelques centaines, partis du carrefour de l’Assemblée nationale, se sont arrêtées à une centaine de mètres du siège d’Areva où un important dispositif de sécurité bloquait les routes.

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Tout au long du parcours, on pouvait lire sur les pancartes : « Areva, respecte la loi au lieu de faire la loi ». Quant aux manifestants les plus virulents, ils ont scandé des slogans « Areva dégage ! ». Pour le premier responsable de l’OTAP, Ali Idrissa, cela fait 45 ans que la France et Areva exploitent à sens unique l’uranium nigérien. « Plus que jamais le Niger doit tirer profit de ses ressources uranifères », a-t-il martelé.

Faible mobilisation syndicale et politique

La manifestation de ce matin n’a pas donné les résultats escomptés en termes de mobilisation. Les organisateurs ont eu du mal à mobiliser les structures syndicales de travailleurs qui ont brillé par leur absence. Sur la place de l’Assemblée nationale, aucun parti politique n’a apporté son soutien à la manifestation contre Areva.

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Dans dix jours exactement, les conventions qui lient Areva au Niger expireront. Les Nigériens attendent de voir la concrétisation des négociations pour les dix prochaines années.

Avec la renégociation du contrat d'exploitation des mines d'uranium qui arrive à échéance le 31 décembre, un bras de fer s'est instauré entre Areva et le gouvernement nigérien qui souhaiterait porter la redevance de 5,5% à 12% du chiffre d'affaires.

Un partenariat jugé déséquilibré

Une ONG locale, le Rotab, soutenue par Oxfam-France, estime que le Niger n'a pas reçu tout ce qui lui était dû en quarante ans d'exploitation de ses ressources minières. Selon les opposants à ce partenariat jugé déséquilibré, l'uranium représente 70% des exportations du Niger, mais il en retire seulement 5% de sa richesse nationale. Areva bénéficierait d'avantages fiscaux exorbitants lui permettant de soustraire à l'impôt 20% de ses bénéfices.

De son côté, Areva soutient que 70% des revenus de l'uranium sont reversés à l'Etat nigérien sous forme de dividendes et d'impôts. Le géant français souligne que le groupe emploie plus de 5 000 personnes sur place et effectue 100 millions d'euros d'achat localement par an. A cela s'ajoutent six millions d'euros annuels en projets sociaux et développement sanitaire en faveur de la population.

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