Nigeria: «guerre ouverte» entre l’ex-président Obasanjo et le président Jonathan

Le président nigerian Goodluck Jonathan.
© AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI

Au Nigeria, à quelques mois de l’élection présidentielle, plus rien ne va au sein du Parti démocratique populaire (PDP), le parti au pouvoir. Ce sont d’abord sept gouverneurs qui ont quitté le parti ; ensuite 37 députés qui ont rejoint, la semaine dernière, le parti d’opposition APC, et désormais c’est « la guerre ouverte » entre l’ex-président Olusegun Obasanjo et le président Goodluck Jonathan, pressenti pour briguer un nouveau mandat à la présidentielle de 2015. Olusegun Obasanjo, également membre fondateur du PDP, a écrit, au début de ce mois de décembre, au président Jonathan l’accusant d’avoir crée un commando chargé d’assassinats politiques. Goodluck Jonathan a ordonné une enquête.

Les dirigeants du PDP avaient pris l'habitude de s’échanger des noms d’oiseaux, dans la presse locale, chacun prétendant que l'autre cherche à affaiblir la nation. Désormais, le torchon brûle entre les deux membres les plus influents du parti.

Dans une lettre adressée au début du mois à Goodluck Jonathan, son prédécesseur Olusegun Obasanjo l'accuse, entre autres, d’incompétence et l'exhorte à ne pas se représenter à la présidentielle de 2015.

La réponse du président est plus que musclée. Désignant Olusegun Obasanjo sous le terme familier « Baba », Goodluck Jonathan écrit : « Baba, je ne sais d'où vous tenez vos accusations pour m’accabler d’injustices graves avec pour preuves des rumeurs. Vous avez évoqué Dieu dix-sept fois dans votre lettre. Pouvez-vous, en tant que chrétien, tenir la Bible et jurer que vous croyez en la certitude de vos allégations ? »

Mais pour le président, l'attaque la plus odieuse est celle qui l'accuse « d'avoir placé un millier de Nigérians sous surveillance pour leurs activités politiques, et de former des snipers et des miliciens pour assassiner des gens. »

Goodluck Jonathan assure avoir « ordonné aux agences de sécurité et demandé à la Commission nationale des droits de l'homme de mener une enquête approfondie sur ces accusations criminelles et de rendre leurs conclusions publiques. »