Soudan du Sud: Riek Machar accepte d’entamer des discussions avec le président Salva Kiir

Après avoir fui les combats au Soudan du Sud, des réfugiés se sont rassemblés au camp des Nations unies de Jabel, au Soudan.
© REUTERS/James Akena

Riek Machar, l'ancien vice-président sud-soudanais, entré en dissidence, s'est entretenu ce mardi 24 décembre au téléphone avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Riek Machar, qui a accordé un entretien exclusif à RFI, est en train de former une délégation de haut niveau pour de prochains pourparlers avec Salva Kiir, le président du Soudan du Sud. Ces discussions pourraient se tenir, selon Riek Machar, à Addis-Abeba en Ethiopie. Et ce, alors que le gouvernement sud-soudanais et l'armée annoncent ce mardi soir avoir repris la ville de Bor.

Les grandes manœuvres diplomatiques avancent. Riek Machar a affirmé ce mardi matin, dans un entretien accordé à RFI, être parfaitement disposer à prendre part à des discussions politiques avec le camp du président Salva Kiir.

« Nous sommes prêts à tenir des discussions », a affirmé Riek Machar au micro de RFI. « J'en ai parlé ce matin au téléphone avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry. J'ai aussi parlé avec le ministre des Affaires étrangères d'Ethiopie, pour lui indiquer que j'étais prêt à ces négociations », a-t-il précisé.

Nous sommes prêts à tenir des discussions.
Riek Machar
24-12-2013 - Par Olivier Rogez

« Nous voulons une nation démocratique »

Riek Machar a annoncé avoir formé « une délégation de très haut niveau à qui [il] a donné tout pouvoir pour négocier un accord ». Il dit espérer que « ces pourparlers pourront avoir lieu dans un endroit neutre, comme les pays de l'IGAD [Autorité intergouvernementale sur le développement, ndlr] l'ont suggéré ».

Pour Riek Machar, ces discussions « pourraient se tenir en Ethiopie ». « Nous voulons que Salva Kiir quitte le pouvoir, nous voulons une nation démocratique et des élections libres et équitables », poursuit Riek Machar.

Montrer qu'il n'est pas isolé

Le fait que Riek Machar continue de réclamer le départ de Salva Kiir est un paradoxe, car si cette position de principe ferme demeure, elle pourrait faire très rapidement achopper les pourparlers. Mais il faut peut-être voir dans cette intransigeance une position de début de négociation.

Par ailleurs, Riek Machar souhaite que certains des responsables du SPLM actuellement détenus à Juba par les autorités puissent participer à sa délégation. Une façon pour lui d'obtenir leur libération. Une façon, aussi, de montrer qu'il n'est pas isolé dans son combat.


Bor, dans l'Etat de Jonglei, reprise ce mardi

Ce mardi soir, l'armée sud-soudanaise dit avoir repris la ville de Bor. Une information non confirmée de source indépendante - le camp de Riek Machar n'a pas non plus réagi. « Ce mardi après-midi, les forces armées du Soudan du Sud ont repris la ville de Bor aux forces ralliées à Reik Machar. Nous contrôlons maintenant entièrement la ville de Bor », déclare sur RFI le le porte-parole de l'armée du Soudan du Sud, Philip Aguer.

Et d'ajouter : « Nous allons continuer à restaurer la paix dans le pays, poursuivre notre mission, avec Bentiu comme objectif. Cette ville doit revenir sous notre contrôle, car le devoir et la responsabilité de l'armée sud-soudanaise est de préserver l'intégrité et l'indépendance du Soudan du Sud. Et après avoir repris Bor, nous allons faire le maximum pour reconquérir Bentiu. A Bor, nous avons eu des pertes, mais nous en connaîtront le détail ce mercredi. »

Selon le ministre sud-soudanais de l'Information, Michael Makwei, relayé par l'Agence France-Presse, « les forces rebelles sont en fuite ». Les forces de l'ex-président Riek Machar avaient pris Bor le 19 décembre dernier.

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