Centrafrique: retour au calme précaire à Bangui

Des soldats français prennent position dans les rues de Bangui, le 26 janvier 2013.
© REUTERS/Andreea Campeanu

Ce vendredi, on a observé une présence militaire française massive dans les rues de Bangui, où des tirs ont encore retenti durant la nuit dernière aux abords immédiats du palais présidentiel. La Croix-Rouge assure ne pas encore disposer d'un bilan complet des violences de ces derniers jours. Depuis le début de la semaine, une centaine de corps ont été retrouvés dans la ville, où un certain calme semble néanmoins être revenu.

Un calme relatif a régné ce vendredi à Bangui. Quelques tirs sporadiques étaient encore signalés dans les quartiers nord de Bangui, mais cet après-midi, le calme est revenu à peu près partout. « C'est un calme très incertain », nous disait cependant un habitant du centre.

Les gens ne sortent pas. Ils ont encore peur après les affrontements violents qui ont secoué jeudi soir les abords du palais présidentiel et dans lesquels deux éléments congolais de la force africaine ont été tués. A ce sujet, le patron de la Misca, le général Mokoko, a affirmé ce vendredi soir sur RFI qu'ils ont été tués par la garde présidentielle. Voici son récit :

« J'ai reçu personnellement un coup de téléphone du chef de l'Etat faisant état du fait que sa résidence était attaquée. L'une de nos unités avancées, à savoir l'unité de police congolaise, s'est retrouvée pratiquement face aux derniers éléments de la présidence, qui ont la responsabilité de la sécurité du périmètre présidentiel. Et c'est à ce moment-là qu'on a vu débouler un camion seleka qui s'en est pris à une sentinelle qui était là. Et quand l'officier congolais, et deux ou trois de ses éléments, sont sortis pour s'enquérir de la situation, les Seleka ont ouvert le feu et il y a eu riposte. »

Et d'ajouter : « Ce que je constate sur le terrain, c'est que les unités qui sont venues pour aider ce pays à sortir de l'ornière sont attaquées. Et cette fois-ci, par des éléments de la sécurité présidentielle. C'est tout à fait inacceptable et intolérable. J'ai donné l'ordre que désormais, puisque nous sommes sous le régime de couvre-feu, s'ils s'aventurent à rentrer dans le dispositif de la Misca, ils seront tout simplement détruit. »

Côté présidence centrafricaine, on ne cache pas son embarras. Son porte-parole, Guy Simplice Kodégué, parle d'un incident regrettable dû à une phase de confusion et à la proximité des hommes de la Misca avec un site stratégique. Il ajoute que le chef de l'État ne tolèrera pas ce genre de dérapage, et qu'il n'a aucun intérêt à envenimer la situation avec la Misca.

Au moins un civil a perdu la vie

Après ces combats nocturnes, qui ont aussi coûté vie à deux éléments de la Seleka, la plupart des magasins sont restés fermés ce vendredi. Presque aucune circulation non plus dans les rues de Bangui, mis à part les patrouilles de blindés français de l'opération Sangaris, et celles de la Misca.

C'est d'ailleurs au passage d'un convoi de la force africaine qu'au moins un civil a perdu la vie ce vendredi matin dans le quartier PK9. Des éléments tchadiens escortant des civils tentant de fuir la ville après les violences da la veille ont été pris à partie par des habitants au niveau de PK9.

Ces heurts ont causé la mort d'un civil et blessé au moins deux enfants. Ce vendredi soir, beaucoup à Bangui craignaient une reprise des violences. Dans les quartiers PK5 et PK13 notamment, des barrages de jeunes armés de machettes sont signalés, pour se protéger - disent-ils - dans la perspective de nouvelles attaques dans la nuit.


François Hollande s'est entretenu ce vendredi avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, auquel il a demandé que les Nations unies « jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique », a rapporté la présidence de la République française. Le président français a souligné que « l'action de la France visait à protéger l'ensemble de la population centrafricaine des exactions commises à son encontre, sans discrimination », souligne la présidence dans un communiqué.

AFP

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