RDC : beaucoup de zones d’ombres après les attaques à Kinshasa, Lubumbashi et Kindu

Des soldats congolais se dirigent vers le siège de la télévision d'Etat dans la capitale Kinshasa, le 30 décembre 2013.
© REUTERS/Jean Robert N'Kengo

En République démocratique du Congo (RDC), l’enquête se poursuit suite aux attaques du lundi 30 décembre contre trois sites stratégiques à Kinshasa mais aussi après l’assaut contre la base militaire de Kindu ou encore les échanges de tirs à Lubumbashi. Le gouvernement a fait état d’un nouveau bilan, mardi 31 décembre, de 103 morts dont 8 militaires à travers tout le pays. Le président congolais, Joseph Kabila, a appelé, ce mardi 31 décembre, lors de son discours de fin d’année, tous les Congolais à faire preuve d’une « vigilance tous azimuts ».

Plusieurs assaillants se sont réclamés du pasteur Joseph Mukungubila - ancien candidat à l'élection présidentielle de 2006, remportée par Joseph Kabila -, qui se fait aujourd'hui appeler « le prophète de l'éternel ».

Le pasteur Mukungubila a lui-même affirmé, à RFI, que c'était bien ses partisans qui s'étaient lancés à l'assaut de la Radio et télévision nationale congolaise (RTNC), de l'aéroport ou encore de l'état-major de l'armée à Kinshasa, mais il assure que ces derniers étaient désarmés.

Joint par RFI, Dismas Kitenge, vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), constate qu’il y a beaucoup de zones d’ombres. Il demande au gouvernement de faire preuve de plus de transparence dans son enquête.

« A entendre les autorités congolaises, les attaques ont été sérieuses et c’est ce qui aurait poussé les forces de l’ordre à riposter. Mais cela ne suffit pas de nous dire que les attaques ont été sérieuses mais de pouvoir le démontrer. Comment le démontrer ? En présentant les armes que les assaillants ont utilisées ou encore en spécifiant de quelle nature étaient ces armes », a déclaré à RFI Dismas Kitenge

Le vice-président de la FIDH a tenu également à souligner qu’il serait également judicieux de savoir « qui a dit qu’il y a eu des armes blanches et que les forces de l’ordre ont répliqué avec des armes lourdes » avant de conclure qu’à l’heure actuelle « les réponses qui sont fournies par certains membres du gouvernement et certaines forces de sécurité nous paraissent insuffisantes. »

Joint par RFI, Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement, reconnaît, lui aussi, l’existence de zones d'ombres et notamment la facilité avec laquelle les assaillants sont entrés dans ces lieux stratégiques, ce qui inquiète au plus haut point les autorités.

Ce n’est pas impossible que les assaillants aient bénéficié de complicités.

Lambert Mendé
31-12-2013 - Par Sonia Rolley

 

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