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Soudan du Sud

Soudan du Sud: négociations retardées, les combats s'intensifient

Représentants de Riek Machar, à Addis-Abeba, le 4 janvier 2014.
© REUTERS/Tiksa Negeri

Les négociations directes sur un cessez-le-feu n'ont toujours pas commencé à Addis-Abeba. Selon une source diplomatique, le processus a été retardé pour des raisons de protocole. Toutefois, des représentants du président Salva Kiir et ceux de son rival Riek Machar se sont rencontrés dans la capitale éthiopienne. Et sur le terrain, au Soudan du Sud, les combats continuent.

De nouvelles rafales de tirs ont été entendues il y a plus de deux heures dans la capitale Juba. D’après Reuters, les coups de feu proviendraient du quartier général de l’Armée sud-soudanaise, laissant craindre de nouvelles défections.

Des explosions avaient déjà retenti samedi soir au sud-ouest de Juba, non loin de baraquements militaires. Des tirs qui avaient provoqué la fuite de populations civiles. Les habitants quittent la capitale pour rejoindre l'Ouganda, à 200 km de là.

Dans le reste du pays, d’intenses combat se sont poursuivis tout au long de la journée. Point névralgique, la ville de Bor dans l’Etat du Jonglei. Selon les forces rebelles, un général de l'armée régulière, le général Lual Mayok, a été tué dans une embuscade tandis que l’armée tentait de progresser vers la ville. Information démentie par l'armée sud-soudanaise.

Les affrontements entre les forces du président Kiir et celles de son rival Riek Machar ont eu lieu dans plusieurs autres Etats du pays. C'est le cas dans le sud, dans des régions qui étaient pourtant jusque là épargnées. En cause, des défections au sein de l'armée régulière, non loin de la ville de Yei.

La question des prisonniers politiques

Les deux camps semblent ainsi vouloir progresser au maximum pour imposer à leurs adversaires un rapport de force, et ce alors que les négociations directes entre la délégation pro-gouvernementale et les représentants des rebelles n'ont toujours pas commencé à Addis-Abeba. Les dirigeants des deux délégations se sont malgré tout rencontrés, a déclaré le porte-parole de la délégation rebelle. Ce dimanche, les deux parties attendaient le programme des négociations préparé par l'Igad, le médiateur composé des pays d'Afrique de l'Est.

Mais au-delà des questions de protocole, certains experts craignent que les négociations n'aboutissent pas : un des points de désaccord concerne la libération de rebelles présumés. L'Igad a demandé au gouvernement du Soudan du Sud de libérer 11 personnes, dont la plupart sont d'anciens hauts responsables du gouvernement. Washington a également fait pression sur Juba pour que ces détenus politiques soient immédiatement libérés, afin de pouvoir participer aux négociations. Le gouvernement sud-soudanais a répété hier que ces présumés rebelles ne seraient pas libérés et devront être jugés.

Selon la radio officielle du Soudan, à Khartoum, le président soudanais Omar el-Béchir pourrait se rendre ce lundi à Juba pour discuter avec son homologue sud-soudanais Salva Kiir de l'évolution du conflit.

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