Le Rwanda et l’Ouganda accusés de soutien au M23 par un nouveau rapport de l’ONU

Des rebelles du M23 à Karuba, à l'ouest de Goma, le 28 novembre 2012.
© REUTERS/Goran Tomasevic

RFI s’est procurée une copie de la version définitive du rapport annuel du groupe d’experts des Nations unies qui enquête sur la situation à l’est de la RDC. Ce document, qui date du 12 décembre dernier, doit être présenté officiellement dans les semaines qui viennent. Comme les précédents rapports, il pointe notamment l’existence d’un soutien du Rwanda et de l’Ouganda aux rebelles du M23.

Les experts des Nations unies évoquent un soutien « constant » du Rwanda aux rebelles du M23, renforcé en période de combats. Ils parlent d’aide au recrutement, de fourniture d’armes et même, ponctuellement, d’une participation directe de l'armée rwandaise aux côtés des rebelles du M23.

C'est ainsi qu'en août dernier, des soldats de Kagame « ont traversé la frontière » pendant de courtes périodes, écrivent les experts. « Des chars rwandais ont [même] tiré en RDC pour appuyer le M23 », en octobre dernier, selon ce document. On y lit également que les recrutements au Rwanda n'ont pas cessé depuis la défaite du M23, d'après des témoignages jugés « crédibles ».

Ce n’est pas la première fois que les experts de l'ONU accusent le Rwanda voisin d'appuyer la rébellion du M23. Le gouvernement de Kigali a toujours démenti.

Les FARDC pas épargnées

L'armée congolaise n'est pas épargnée : les experts ont notamment mis en évidence « des cas de collaboration » au niveau local entre les Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR et l'armée congolaise. Ils n'ont en revanche pas pu établir que des membres de ce groupe armé aient directement servi dans l'armée régulière. L'Ouganda est également pointé du doigt. Les experts l’accusent entre autres d'avoir laissé circuler librement sur son territoire des leaders recherchés du M23.

Si la défaite du mouvement rebelle a convaincu plusieurs groupes armés de se rendre ou de négocier leur réintégration dans l'armée congolaise, les experts insistent sur la menace grandissante que représentent les ADF-Nalu pour l'est du Congo. Les rebelles ougandais se sont renforcés en 2013 et ont adopté des méthodes plus « agressives ».

Ce nouveau rapport de l’ONU fait par ailleurs état de « graves violations du droit humanitaire international », notamment l'enrôlement et l'utilisation d'enfants soldats, ou des attaques ciblées contre la population civile. Si les groupes armés ont commis nombre de ces crimes, les FARDC ont été identifiées par les experts des Nations unies comme « partie prenante » de nombreuses violations.