Crise au Soudan du Sud: Juba reçoit le soutien de Khartoum

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir avec son homologue soudanais Omar el-Béchir ce 6 janvier à Juba.
© REUTERS/James Akena

Le gouvernement sud-soudanais a officiellement entamé à Addis-Abeba des pourparlers de paix avec la rébellion menée par l'ex-vice président Riek Machar. Les discussions portent sur la mise en place d'un cessez-le-feu alors que les combats ont fait en trois semaines des milliers de morts et près de 200 000 déplacés. Dans le même temps, le président soudanais Omar el-Béchir a rencontré ce lundi 6 janvier son homologue sud-soudanais Salva Kiir.

Alors que la guerre au Soudan du Sud s'intensifie de jour en jour, le président Salva Kiir vient de se trouver un allié de poids : son ancien ennemi, le président du Soudan, Omar el-Béchir. Celui ci s'est rendu quelques heures en visite à Juba ce lundi matin pour apporter un soutien politique et militaire à son homologue.

A en croire le ministre soudanais des Affaires étrangères, Khartoum et Juba pourraient mettre en place une force commune pour protéger les sites pétroliers du Soudan du Sud.

Ces sites sont stratégiques pour les deux pays. Khartoum tire de substantiels revenus du transit pétrolier et Juba ne vit que grâce à la rente générée par l'or noir. Or actuellement les champs de Bentiu sont aux mains des insurgés favorables à Riek Machar. Une situation qui, si elle persiste, pourrait entrainer la perte de Salva Kiir.

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Mais en s'alliant avec le Nord, le président sudiste joue une partie risquée. Non seulement Khartoum pourrait profiter de la crise pour mettre la main sur l'or noir du Soudan du Sud, mais, de plus, son implication dans la crise pourrait resserrer les rangs des insurgés contre le Nord toujours perçu comme l'ennemi héréditaire.

Pendant qu'à Juba les adversaires d'hier scellaient une alliance, les pourparlers à Addis-Abeba entre les camps Machar et Kiir ont débuté sans produire pour l'instant le moindre résultat. Malgré l'implication de la Chine et des Etats-Unis, le cessez-le-feu demeure pour l'instant introuvable.


 ■ ZOOM : A Addis-Abeba, les deux parties affichent leur bonne volonté

A Addis-Abeba, les discussions directes sur le Soudan du Sud ont finalement démarré hier lundi 6 janvier. Les représentants du gouvernement de Salva Kiir, et ceux de son opposant Riek Machar se sont accordés sur la structure du dialogue mais aucun agenda précis n’a été délivré. Alors que la tension reste très importante sur le terrain, l’ambiance semblait aussi tendue dans la capitale éthiopienne, où il est très difficile d’émettre un pronostic sur le succès des négociations. Car si l’IGAD, l’organisation régionale, a déjà réussi à mettre les belligérants autour d’une table, comme elle l’avait réclamé le 27 décembre à Nairobi, les positions des deux camps seront difficilement conciliables.

En fait, si cette journée a surtout servi à mettre en place les modalités et la structure du dialogue, elle a aussi permis de valider les premiers points de discussion.

« Les parties ont accepté de faire face à deux points critiques de la situation, dont la résolution doit permettre de créer les conditions pour des discussions substantielles sur les problèmes qui ont émergé dans le pays, explique Seyoub Mesfin, le chef éthiopien de la médiation. Il s’agit de la cessation des hostilités, avec l’élaboration d’un système de surveillance et de contrôle, ainsi que du statut des prisonniers. En réglant ces questions, nous créerons naturellement un environnement propice pour les négociations. »

La question des prisonniers

Mais un accord de cessez-le-feu serait-il respecté sur le terrain, alors que les rangs de l’opposition semblent grossir jour après jour ? Et quelle entente pourrait être trouvée concernant les prisonniers politiques ? Le gouvernement ne semble en aucun cas disposé à les libérer, alors que l’opposition en fait une condition intangible, voulant même les voir participer à la suite des négociations.

Si la presse n’a pas pu poser de question, a-t-on pu voir, de chaque côté de la table, les négociateurs des deux camps sud-soudanais exprimer brièvement leur volonté de trouver des solutions. Pourtant, malgré une importante pression internationale, le conflit semble éminemment compliqué à régler.

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