Assassinat de Patrick Karegeya : Kigali dément toute implication

Patrick Karegeya
© France24

L'enquête sur l'assassinat de Patrick Karegeya se poursuit. La police de Gauteng a officiellement remis le dossier en fin de semaine dernière entre les mains, considérées comme plus expertes, des Hawks, la direction d'investigation des crimes prioritaires, une unité d'élite. L'ancien chef des renseignements extérieurs du Rwanda a été retrouvé mort, dans une chambre du complexe hôtelier Michelangelo, l'un des plus huppés de Johannesburg, en Afrique du Sud. Son parti, le RNC, avait immédiatement accusé le régime de Paul Kagame d'être responsable de cet assassinat. Les autorités rwandaises ont démenti toute implication.

La présidence n'avait pas souhaité commenter la mort de l'ancien haut responsable, devenu opposant. C'est l'ambassadeur rwandais en Afrique du Sud, Vincent Karega, qui était monté au créneau, répondant aux questions des médias sud-africains comme étrangers, dès le lendemain de la découverte du corps.

Vincent Karega qui a démenti toute implication de son gouvernement, accusant les proches de Patrick Karegeya d'instrumentaliser sa mort à des fins politiques. « Personne à Kigali ne veut donner à cet évènement trop d'importance », explique une source officielle rwandaise, ajoutant que l'important était de limiter son impact « négatif » sur la perception à l'étranger du Rwanda.

La ministre rwandaise des Affaires étrangères n'a, elle, réagi qu'à la question d'un journaliste lui demandant sa réaction après la mort d'un homme qui « avait servi l'armée rwandaise ». « L'important, ce n'est pas la manière dont on commence mais celle dont on finit », a répondu Louise Mushikiwabo, ajoutant « cet homme était un ennemi auto-déclaré de mon gouvernement et de mon pays. Vous-attendez-vous à de la pitié?»

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Sur les réseaux sociaux, des proches du régime rwandais multiplient les attaques contre l'ancien chef des renseignements extérieurs du Rwanda : « Les FDLR le pleurent, il a protégé Félicien Kabuga, celui que l'on surnomme le financier du génocide », ou encore, « les Rwandais le remercient pour ses attaques à la grenade à Kigali ».

Des messages types repris à l'unisson qui correspondent aux accusations régulièrement formulées par le régime contre Patrick Karegeya qui lui avaient valu une condamnation par contumace.

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