Burkina Faso: les dissidents du parti au pouvoir s’organisent contre le Sénat

Le siège de l’Assemblée nationale à Ouagadougou, au Burkina Faso.
© Wikimedia

Les militants démissionnaires du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir au Burkina Faso, se sont retrouvés, le mardi 7 janvier. Cette rencontre avait pour but de faire le point sur les démissions et planifier les activités à venir. Ils s’attendent encore à d’autres démissions du bureau politique national du parti au pouvoir et promettent de descendre dans la rue avec l’opposition pour marcher contre le déverrouillage de la limitation des mandats présidentiels.

Ils étaient presque tous là, dans une salle d’un hôtel de la capitale. La réunion s’est tenue à huis clos. Dans l’agenda immédiat des démissionnaires, il s’agit de travailler à expliquer leur prise de position aux Burkinabè et s’organiser pour apporter leur contribution au débat politique par la création d’un parti politique.

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« Attendez qu’on crée notre parti et on va vous donner les grandes lignes de notre action. Que ce soit le président Comparoé ou les autres camarades qui sont restés là-bas, on était sur une plateforme politique, idéologique. J’estime qu’ils ne respectent pas la plateforme démocratique sur laquelle on a créé le CDP. Et pour moi, le Sénat devait se faire dans un cadre de régime parlementaire, comme un contre-pouvoir. Mais je n’ai jamais dit de construire un Sénat dans le régime présidentiel d'aujourd’hui. Pour quoi faire ? », s’interroge Salif Diallo qui a fait partie des premiers à quitter le parti au pouvoir.

« Principes et valeurs »

« Nous ne venons pas pour rester et grossir les rangs de l’opposition. Nous venons pour la conquête du pouvoir en défendant des principes et valeurs », a confié à RFI un autre démissionnaire.

Ces anciens cadres du parti s’attendent à de nouvelles démissions et ils seront dans la rue, aux côtés de l’opposition, le 18 janvier prochain pour la journée de protestation contre la mise en place du Sénat et la modification de l’article 37 de la Constitution.

Les responsables ivoiriens attentifs aux derniers évènements politiques au Burkina Faso

Le président Alassane Ouattara a dépêché sur place, à Ouagadougou, une délégation de haut niveau. Aurait-il des craintes que les remous au sein du CDP burkinabè aient des répercussions sur la Côte-d’Ivoire ? En tout cas, le parti du président Blaise Compaoré, même s'il n'est pas totalement ébranlé, est dans la tourmente. Et ce n'est certainement pas récemment que les caciques du régime se sont rendu compte des maux de leur parti.

Car depuis le premier épisode évoquant la modification de l'article 37, en 1998, il était évident que le Blaise Compaoré n'avait nullement l'intention de céder sa place. Aujourd'hui les ambitions des uns et des autres qui ont accumulé postes ministériels et législatifs pour se faire une réputation, se faire la main et se préparer à diriger un jour le Burkina, leurs rêves s'écroulent. Et une crise politique au Burkina pourrait avoir des répercussions non seulement dans toute la sous-région, mais bien au-delà.

Mardi, après que les émissaires du président Ouattara aient été reçus par le président Compaoré, c'est Guillaume Soro qui, dans un langage convenu, a renouvelé son soutien au président burkinabè. Mieux que quiconque, les Ivoiriens savent que la bataille politique la plus déterminante est moins l’élection présidentielle de 2015, que le cap de la révision constitutionnelle qui doit se faire cette année. En 2014, considérée comme l'année de tous les dangers.

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