Tunisie : démission du Premier ministre Ali Larayedh

Ali Larayedh, en conférence de presse à Tunis, le 9 janvier 2014.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Le Premier ministre tunisien quitte ses fonctions. Ali Larayedh a remis sa démission le 9 janvier au président Marzouki. Sa démission est conforme à un accord conclu entre la coalition au pouvoir et les partis d'opposition, accord qui doit permettre de sortir le pays de la crise politique qu'il traverse depuis plusieurs mois. C'est le ministre sortant de l'Industrie, Mehdi Jomaâ, qui va lui succéder. Il sera chargé de former un gouvernement d'indépendants en vue d'organiser des législatives et une présidentielle dans le courant de l'année. 

Cadre historique du parti Ennahda, Ali Larayedh avait été nommé Premier ministre après l'assassinat politique en février dernier de l'opposant Chokri Belaid. Ancien ministre de l'Intérieur au bilan contesté, il est aujourd'hui poussé vers la sortie après le meurtre d'une autre figure de la gauche nationaliste tunisienne, le député Mohamed Brahmi tué par balle en juillet devant son domicile. Ce deuxième assassinat avait plongé le pays dans une profonde crise politique.

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Après deux mois de dialogue national à rebondissement entre les différents partis, le parti islamiste s'était engagé à quitter le pouvoir pour laisser place à un cabinet d'experts afin d’apaiser la colère de l'opposition.

Ennahda avait fixé pour cela la condition que l'ISIE, instance électorale, soit mise en place ; ce qui a été fait hier par l'Assemblée. L'engagement des islamistes est donc respecté. Ali Larayedh a remis sa démission au président Marzouki qui lui laisse deux semaines pour expédier les affaires courantes.

Son successeur Medhi Jomaâ, actuel ministre de l'Industrie, désigné par les partis, mène déjà les consultations pour former sa nouvelle équipe qui devra mener le pays vers de nouvelles élections courant 2014.

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Selon Ennahda, la passation de pouvoir entre Ali Larayedh et Mehdi Jomaâ ne devrait avoir lieu qu'après le vote final de la Constitution, prévu autour du 14 janvier, date anniversaire des trois ans de la chute de Ben Ali.

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